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Nouvel atlas physique politique et historique de l'Empire ottoman et des états limitrophes en Europe, en Asie et en Afrique, en quarante feuilles : avec un beau plan topographique de la ville actuelle de Constantinople, plusieurs plans des villes les plus importantes de l'Empire, et ceux des siéges et batailles mémorables soutenus par les Ottomans / dressé sur les documents les plus récents et les plus authentiques, par J.J.Hellert
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PREMIÈRE PARTIE.

ISLAMISME

ET

HISTOIRE GÉOGRAPHIQUE DE LASIE ,

DEPUIS SON APPARITION JUSQUAUX OTTOMANS .

CHAPITRE I er . ARABIE ET ISLAMISME.

I.ARABIE AVANT MAHOMET .

Listhme de Suez est le lien commun de lancien monde; cestaussi le lien matériel des trois grandes religions de notre univershistorique. A cette langue de terre, qui unit lEgypte , mystérieuseancêtre du paganisme occidental, au touchant pays de Palestine le christianisme prit naissance, vient aussi se rattacher le berceaude cette étonnante religion de Mahomet à laquelle les décrets pro-videntiels ont permis si longtemps des destinées si éclatantes.

LArabie forme entre la mer Rouge à loccident, le golfe Per-sique à lest, une vaste péninsule qui figure grossièrement un trian-gle fort irrégulier dont la base est baignée par les Ilots de lOcéan indien . Ce pays singulier est tout entier dans le Koran . H suffit,sans même avoir lu ce livre fameux, de jeter un coup-dœil attentifsur la contrée qui la produit, pour en comprendre lavenir.

Évidemment, ce qui sortira de cette terre dArabie , ne sera pointcomplet et éclatera sur le monde comme un météore longtempscomprimé dans les nuages, comme une lave longtemps retenue parla pesanteur des montagnes. Léclat, un jour éblouissant, séteindrabientôt faute dun foyer véritable. Grâce à une impétuosité irrésis-tible, cette lave arabique, renversera tout sur son passage; mais ellesinquiétera peu de laisser des rocs amoncelés sélevaient de ri-ches moissons. Composée déléments, sans analogues, elle traverserasans sy mêler les flots des mers ou des fleuves quelle rencontrera sursa route. Enfin, le développement sera énergique, mais il manquerade science : il séduira, mais toujours laissera lhomme sous le poidsdune pensée mélancolique. Il contiendra dans ses flancs, la des-truction et la guerre. Tandis que le christianisme se montre pa-tient comme la divinité, qui a pour elle le temps et lespace, la reli-gion née au troisième angle de listhme de Suez se montrera presséedagir, comme lhumanité dont la vie a ses limites.

Que nos lecteurs veuillent bien se reporter au sixième siècle denotre ère.

On divise alors lArabie en trois régions. Celle que lon nommeHedjaz ou Arabie Pétrée confine à la mer Rouge supérieure et sé-tend sur une partie du centre. LArabie déserte ou le Nedjed oc-cupe à lest, vers la Syrie et la Perse, la plus grande portion de lapéninsule. LArabie Heureuse, Yémen , comprend les hautes ré-gions rafraîchies par les brises de lOcéan indien . Seule, elle est unpeu arrosée et fertile; le reste du pays se compose soit dimmensesplaines sablonneuses dont le semoùn, ce terrible ravageur du désertest presque lunique habitant, soit de roches fendues par lardeur

du soleil et revêtues çà et dune terre légère. En général, sur lescôtes sont dexcellentes alluvions maritimes.

Au sixième siècle, larabe a presque partout conservé les mœursde lâge patriarcal. 11 vit en nomade, fixant sa tente lui ouses troupeaux auront le plus dombre et de verdure. Il est répartien tribus gouvernées dune manière absolue, mais paternelle, parle plus âgé ou par le plus respecté.

Dans lYémen , les demeures sont fixes. Les fameux princes deSaba ou de Saana commandent. On a conservé les noms des rois delArabie depuis 2500. Alors cette vaste péninsule obéissait à Jectan,fils dHéber, père des Hébreux. Ce fut à la mort de Jectan que seformèrent les deux royaumes dHedjaz et dYémen . Ce dernier re-connut quarante-six rois depuis Jarab jusquà Jusef qui vivait en480 après Jésus-Christ . Le Négusch dAbyssinie détrôna son suc-cesseur Djuhadan en 529 et donna le pouvoir à un chrétien, Abra-hah-al-Aschram. Mais en 572, le roi des Perses, Chosroës , rétablitlancienne dynastie.

LHedjaz , qui commerce avec lÉgypte et peut-être avec lInde , adéjà au sixième siècle des villes célèbres, comme la Mecque et Jatreb.Ce pays eut quarante princes depuis Jorham jusquà Hashem chefdes Hashémites. On sy gouverne aussi par lempire des coutumes pri-mitives et lautorité est entre les mains des tribus les plus antiques.Ainsi la tribu de Koreïsch descendant dIsmaël, fils dAgar et le pèredes Arabes , dirige les affaires de la Mecque qui est déjà la villesainte. Avec la célèbre foire dOrkad, cest VOlympie de lArabie .

Dailleurs, un soleil ardent développe et fait fermenter dans lestêtes arabes, les passions les plus turbulentes. Il régne entre les tri-bus comme une guerre perpétuelle. Leurs traditions portent quellesse sont livré jusquà seize cents batailles. Néanmoins les lois vrai-ment divines de lhospitalité subsistent partout, dans toute leur vi-gueur. Mais à côté se font jour la haine vindicative, lamour dupillage, lesprit de sang et de combat, le rêve perpétuel de la vo-lupté sensuelle.

Enfin au sixième siècle, les croyances religieuses de lArabie représentent un chaos confus de toutes celles qui se partagent lemonde. Vers le golfe Persique , on rend un culte aux astres et aufeu :, Zoroastrecompte beaucoup dinformes disciples; dans lYé­ men , les princes sont chrétiens, mais quels chrétiens! Les soli-taires imitateurs de saint Antoine ont encore converti quelques po-pulations vers les pays syriens . Les Juifs chassés par les persécutionset devenus à moitié idolâtres, sont répandus sur une foule de points.Le paganisme occidental a de même fourni son contingent. II nest

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