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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
L’archiduc Ferdinand revint d’autant plusvite sur ses pas, que ao mille Russes , sous leprince Gallitzin, s’avançaient au même in-stant vers Lemberg, et que Poniatowski,consolidant ses conquêtes en Galicie , mena-çait sa retraite. Les milices levées parZayonscheck rentrèrent le 2 juin à Varsovie .L’archiduc, harcelé dans sa retraite parZayonscheck, le fit repousser sur la Piliça.Arrivé le 15 avec son artillerie de réservevers Sandomir , et instruit que la place n’étaitoccupée que parla faible brigade Sokolnicki,le prince Ferdinand résolut de l’enlever dansla nuit : les dehors sont emportés; une co-lonne autrichienne pénètre même dans l’en-ceinte : cependant, après dix heures de laplus belle défense, les Polonais les en chas-sent avec perte de 500 prisonniers et d’unmillier d’hommes hors de combat; maisSokolnicki , manquant de tout, préfère éva-cuer la place que de compromettre sesbraves soldats dans une nouvelle attaque,et il va rejoindre l’armée. L’archiduc, maî-tre de Sandomir , remarche en avant sur laPiliça vers Petrikau : Zayonscheck occupeGohra, Poniatowski est à Pulawy et à Ra-dom. Au bout de quelques jours, l’archiducse replia de nouveau vers Sandom ir ; et enfin,au commencement de juillet, Poniatowski,renforcé par Zayonscheck, le força à se rap-procher de Cracovie qu’il occupa le 9. LesRusses s’étendaient sur le San, et s’appro-chaient de Cracovie : peu jaloux de faire desconquêtes qui devaient renforcer le grand-duché dont l’existence seule était un objetde jalousie pour eux, ils ne prirent pointaux opérations autant d’intérêt que nouseussions désiré ; toutefois cela était si natu-rel de leur part, qu’il est étonnant qu’onait pu en tirer des conséquences aussiétranges que certains écrivains l’ont fait. LesRusses sentaient qu’ils combattaient contrel’intérêt de leur patrie; et, malgré les sti-
pulations rassurantes de Tilsil, ils craignaientle résultat de leurs succès. Le traité deVienne prouva qu’ils n’avaient pas tort.
Situation des affaires en Allemagne. — l.es Autrichiens envahissent la Saxe et la Franconie . Ils excitent laPrusse.
Il est temps de revenir à mon armée surle Danube . Bien que les conséquences im-médiates de la bataille d’Essling pussentfaire croire à mes ennemis qu’ils avaientremporté une victoire; dès qu’on nous avaitlaissé le temps de rétablir le grand pont,j’étais entièrement rassuré sur ses suites sousle rapport militaire. Il n’en était pas de mêmesous le rapport politique. Toute l’Allemagne pouvait en être ébranlée : on publiait madéfaite, on annonçait ma retraite; on endonnait les détails, on prévoyait ma perle.Les Tyroliens, prêts à se soumettre, étaientde nouveau en pleine insurrection. Le gé-néral Am-Ende s’emparait de Dresde , et,réuni au duc de Brunswiek-Oels, il se diri-geait sur Leipsick, d’où il forçait la cour deSaxe à se réfugier à Francfort . Une autrecolonne, partie d’Egra sous le général Ra-diwojewich, pénétrait à Bareith, à Nurem-berg , et courait le pays pour exciter ausoulèvement. Les esprits, que nos victoiresde Ratisbonne avaient un peu attiédis, semontaient de nouveau, et les chefs de l’as-sociation secrète ne perdaient pas l’occasionde les exciter. De son côté, la cour deVienne ne manqua pas d’enfler le succèsd’Essling pour entraîner celle de Kœnigs-berg. L’empereur écrivit lui-même au roi;M. de Stadion se servait de l’intermédiairedu prince d’Orange pour presser ce monar-que de se déclarer; l’ambassadeur Wessemberg continuait à négocier. Le généralSteigentesch, revenu de Kœnigsberg où ilavait espéré concerter un plan d’opérations,se trouvait à Berlin , où il cherchait de nou-