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Tome second.
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CH AP. XIV. CAMPAGNE DE 1809.

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veau à entraîner les Westphaliens et mêmeles peuples de la Prusse . La crainte de secompromettre avec la Russie retenait Fré-déric-Guillaume : cependant ses ministresn’opposaient aux sollicitations de l’Autriche que la crainte d’une paix séparée ; les anté-cédents devaient la faire redouter. Quandon en est venu à ce point, on n'est pas loin dese déclarer ; il ne fallait qu’un faible succèsdes Autrichiens pour lever les difficultés.Les avis que je recevais d’Angleterre signa-laient le prochain départ d’une expéditiongigantesque, véritable Armada bien supé-rieure à celle dont Philippe n menaça jadisla grande Bretagne, On portait entre 40et 50 mille hommes les forces qu’elle avait àbord, avec plus de îoo pièces de campagneet un parc immense de siège : en y compre-nant les troupes de mer et les équipages,plus de îoo mille hommes se trouvaient em-ployés à ce grand armement. Ces troupespouvaient agir dans le nord de l’Allemagne ou la Hollande, et dans cette double suppo-sition, nul doute que par de rapides succèselles eussent enfin décidé la Prusse, que lademi victoire d’Essling devait nécessairementencourager. Une armée deioo mille Anglo-Prussiens, que l’insurrection et le systèmedes milices de la Prusse et de la Westphalie eût portée en peu de mois à 200 mille com-battants, pouvait ébranler ma puissance etchanger totalement la face des affaires. Lalenteur et l’égoïsme du cabinet anglais m’é-pargnèrent cette crise.

Affaires de Rome . Réunion de ce pays à mon empire.

Ce qui se passait au midi de l’Italie em-brouillait encore les cartes. Les Anglais etlesSiciliens menaçaient Naples d’une grandeexpédition préparée à Palerme . Le pape,encouragé par les chances que la guerred’Espagne semblait promettre à mes en-nemis, avait lancé plusieurs anathèmes con-

tre moi dans ses allocutions consistoriales.Depuis son refus d’adhérer à la ligue ita-lienne, et la perte d’Ancône et d’Urbin quien avait été le résultat, le saint-siège setrouvait naturellement en état hostile avecnous. Il était de la coalition. Les Anglais ,pour favoriser leur expédition, agitaientl’Italie , et trouvaient plus que jamais desauxiliaires à Rome . Le moment d’exécutermon grand dessein me paraissant arrivé, jerésolus d’en finir, et à mon entrée à Vienne ,quatre jours avant la bataille d’Essling, jelançai le décret qui réunissait Rome et lesétats de l’église à l’empire français. Le pape,comme chef spirituel de l’église, conserve-rait ses palais et jouirait d’un revenu annuelde deux millions, qui lui seraient complétéspar le trésor de l’empire. Ce décret, signifiéà Rome le 10 juin, fut suivi dès le lendemainpar une bulle d’excommunication, démarchequi n’eût été que ridicule sans la guerred’Espagne , mais qui pouvait la rendre plusopiniâtre. Dans cette étrange philippique,Pie vu ne craignit pas de déployer lesprincipes des disciples de Loyola, et toute lamorgue de Grégoire vu ou deBoniface yiii.Sa bulle renfermait entre autres la phrasesuivante : Que les souverains apprennentencore une fois qu’ils sont soumis parla loi de Jésus-Christ à notre trône etnotre commandement ; car nous exer-çons aussi une souveraineté, mais unesouveraineté bien plus noble, à moinsqu’il ne faille dire que l’esprit doit céderà la chair , et les choses du ciel à cellesde la terre.

Le pape est transféré à Savone .

A la nouvelle de ces deux événements quicircule dans R orne en même temps que cellede la bataille d’Essling, le peuple s’agite;les succès des Autrichiens sont répandusavec l’exagération italienne. J’avais dû tirer