CHAP. XIV. CAMPAGNE DE 1809 .
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fions; il n’avait point manoeuvré de manièreà venir se lier avec la grande armée, enquittant Kormond à temps pour gagnerRaab et Presbourg sans recevoir batailleisolément. Enfin, il s’était posté à Raab contre ses instructions, s’était laissé forcerà une retraite divergente sur Comorn, etn’avait rien fait pour sauver la place pendantle siège. Dans le fait, Jean se souciait moinsd’aller se ranger sous les drapeaux de sonfrère avec une portion de son armée, quede rallier en Styrie et en Carniole les dif-férents corps restés dans les provincesillyriennes sous Zach, Chasteler et Giulay.Il espérait se reformer ainsi une armée deso mille hommes, outre la levée hongroise,et acquérir de la gloire isolément, en agissantsur mon extrême droite et sur nos commu-nications. L’idée en elle-même pouvait nepas être mauvaise; mais l’archiduc, en dis-cutant toujours au lieu d’obéir, jetait beau-coup d’incertitude dans les calculs du géné-ralissime.
Après avoir longtemps différé, il s’étaitenfin rendu à Presbourg au moment où j’enordonnais le bombardement. Il m’importaitde me débarrasser des craintes d’u n passage,en détruisant les moyens que pouvait yamasser l’ennemi, ou des ouvrages qui pour-raient le lui faciliter. C’étaiten même tempsattirer son attention sur un point secon-daire. Davoust fit sommer les Autrichiensde suspendre les travaux du pont, en me-naçant de bombarder la ville. L’empereurFrançois y passait dans ce moment pourvisiter les débris de son armée d’Italie ; laréponse de Bianchi fut acerbe, et le feucommença aussitôt; nos obus incendièrentune soixantaine de maisons. L’archiducCharles réclama. Je lui promis de fairecesser le bombardement, qui n’avait d’autre
but que de fixer l’attention de ce côté.Davoust reçut en même temps la confidencedu passage que je méditais, et l’ordre des’emparer de la tête du pont de Presbourg ou de File de Stadtaue qui la flanque. Cettedernière fut enlevée le 30 avec une grandevaleur par le brave colonel Decouz.
Marche de Viarmont pour rejoindre mon armée.
La grande époque approchait ; je n’atten-dais plus qu’un convoi considérable d’ar-tillerie et de munitions, l’augmentation denos moyens de ponts, et l’arrivée du corpsde Marmont que nous avons laissé aux con-fins de la Bosnie , et qui venait, assez len-tement à la vérité, pour prendre pari à lajournée décisive. Instruit au milieu de maide nos victoires en Allemagne et de laretraite de l’archiduc Jean devant Eugène,Marmont assembla ses forces à Zara, et semit en devoir de s’avancer sur la Save pourse lier à la droite de l’armée d’Italie. Aprèsplusieurs affaires assez vives sur les bordsde la Lika le 21 mai, et à Ottochatz le 25il se dirigea par Fiume sur Laybach, où iln’arriva que le 3 juin. Dans ce moment,Chasteler évacuait le Tyrol et cherchait àse frayer un passage sur les derrières duvice-roi ; il menaçait Y illach et Klagenfurth,que Rusca gardait avec de faibles détache-ments. Il eût été perdu si Marmont avaitaccéléré un peu plus sa marche; il parvintà se retirer par Yolkermarck et Stein der-rière la Drave. Bien que mon lieutenant aiteu de grands obstacles à surmonter pouratteindre la Carniole , et que sa marche aumilieu de trois corps ennemis fût assezdangereuse, il n’eût pas été impossible degagner quelques jours. Il commit une fauteplus grave de séjourner du 3 au 16 juin àLaybach, laissant filer les bandes de Giulaysur Marbourg pour gêner de nouveau sajonction.