CHAP. XIV. CAMPAGNE DE 1809.
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mandant quelques ménagements pour sonancien allié. Il y avait beaucoup de tact etd’adresse dans ce refus : il ne convenait pasà la Russie que l’Autriche fût trop abaissée :il lui convenait moins encore d’assister à sadissection. Des écrivains, égarés par leurpatriotisme, attribueront cette réticence auprojet lointain d’abandonner mon alliance;ils ne s’y connaissent pas, c’est ce que danstous les temps on nommera de la bonne po-litique.
Je venais de recevoir la nouvelle que lesAnglais, ayant échoué devant Anvers , com-mençaient leur retraite. Ce n’était pas unmotif de me relâcher de mes prétentions :je répondis le 15 septembre à l’empereurd’Autriche , en demandant la cession de1600 mille âmes sur l’Inn et en Illyrie , pourrenforcer le royaume d’Italie et donner à laBavière une frontière convenable. Je deman-dais la nouvelle Galicie pour le duché deVarsovie .
L’expédition des Anglais contre la Belgi-que était assez étroitement liée à ce qui se[tassait en Autriche , pour qu’il soit à proposd’en dire quelques mots.
Expéditions dés Anglais conlre Hodiefort.
L’Angleterre n’avait pas beaucoup mieuxopéré en faveur de ses alliés du continentqu’elle ne l’avait faiteniso7 dans la guerre dePologne. A la vérité le cabinet de Londres ,prévoyant la guerre qui allait nous engagerà la fois avec l’Autriche et l’Espagne , et nousmettre dans l’obligation de porter toutesnos forces sur le Ta-ge et le Danube , fitd’immenses apprêts pour en profiter; maisil tourna toutes ses vues vers des entreprisesdans son intérêt particulier. S’il avait vouluentreprendre moins de choses à la fois, ileût pu nous porter de grands coups; maisparaissant partout en auxiliaire sur le solétranger, il crut compliquer notre embarras
en multipliant ses expéditions. Le dangerdont l’Angleterre se voyait menacée depuisla ligue de Tilsit l’avait nécessairement por-tée à déployer ses ressources et à augmenterses troupes par tous les moyens possibles.Elle put ainsi disposer au-dehors d’uneforce d’environ 100 mille hommes. Un mil-liard fut employé à les mettre en état dedescendre partout avec des approvisionne-ments immenses d’artillerie, d’armes et demunitions. L’or et le fer ne lui manquaientpas, et les progrès des arts mécaniquessuppléant aux bras avaient transformé l’An-gleterre en un vaste atelier. De telles forces,bien dirigées et assistées de la moitié deshabitants armés de l’Espagne, du Portugal ,de la Hollande ou de l’Allemagne septen-trionale, eussent fait une puissante diver-sion.
Nos colonies et celles de nos alliés va-laient à peine que l’Angleterre daignât lesconvoiter. Elle 11 e pouvait plus en vouloir nià Cuba , ni à l’Amérique espagnole, qui setrouvaient actuellement ses alliées. Cayenne,la Martinique, le Sénégal, Santo-Domingo ,avaient succombé. L’Ile-de-France bloquéefinirait tôt ou tard par se rendre. La com-pagnie des Indes préparait une expéditioncontre Amboine et Batavia, que les Hollan-dais se trouvaient hors d’état de soutenir,depuis qu’ils avaient perdu Ceylan et le capde Bonne-Espérance . Les garnisons desAntilles suffisaient pour nous enlever lesderniers postes qui nous y restaient. Tousces intérêts, qui en 1783 étaient des intérêtsde première ligne, se trouvaient tellementéclipsés aujourd’hui par les grands conflitsde l’univers entier, que l’Angleterre n’y em-ployait que des détachements secondaires,et ne s’en occupait que comme un passe-temps.
L’augmentation qu’elle avait donnée àses forces de terre lui permettait de songer