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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

à de plus grandes entreprises. Elle ne crai-gnit pas de soutenir à la fois une guerrepénible dans la péninsule et de la porteroffensivement aux rives de l’Escaut.

Dès le mois d’avril, un immense arme-ment était prêt dans les ports, et n’attendaitque l’occasion d’agir. Wellesley, revenu duPortugal après l’affaire de Vimieiro, futenvoyé avec un corps de 20 mille hommesdans la péninsule pour prendre le comman-dement en chef des divisions anglaises quiy étaient restées après le départ de Moore,et venger la défaite de ce général.

Une autre expédition, sous les ordres deGambier et de lord Cocbrane [1], vint aumilieu d’avril brûler notre escadre de Ro-chefort, réunie à un détachement de cellede Brest , et embossée dans la rade de l’îled’Aix. Une immense machine infernale,chargée de isoo barils de poudre et de mbombes dirigée par Cochrane lui-même,sauta sans faire d’effet; on attaqua alorsl’escadre, et on lui lança des fusées incen-diaires de Congrève. C’était la première foisqu’on s’en servait contre nous. Quatrebeaux vaisseaux furent brûlés à l’ancre; lesautres, mieux commandés, parvinrent à sesauver dans la Charente . Malgré ce succès,Gambier fut soumis à une enquête pourn’avoir pas pris toute l’escadre et détruitnos chantiers de Rochefort. Je fis jugeravec plus de justice les officiers qui avaientperdu leurs vaisseaux par leur faute.

Démonstrations en Calabre et à Naples.

Vingt mille Anglo-Siciliens, sous le gé-néral Stuart et le prince Léopold, vinrentparader au milieu de juin sur la côte deCalabre vers le rocher de Scylla, dont le

[1] Il ne faut pas confondre cet Alexandre Co-chrane avec le contre-amiral de même nom employédans les Antilles .

château fut pris et repris. Un détachementde cette armée fut envoyé pour prendre pos-session des petites Iles Ioniennes et croiserdevant Corfou . Stuart espérait, comme enisos, surprendre un point de la côte et y je-ter à terre un noyau qui soulèverait le pays.Il s’empara des îles d’Isehia et de Procida ,et se montra avec ostentation devant Na-ples , puis sur différents points du rivage.Mais partout les habitants témoignèrentl’attachement qu’ils avaient pour un gouver-nement dont l’administration se signalaitpar la destruction de tous les abus et la ré-pression du brigandage qui désolait jadis cebeau royaume. Murat convenait aux Napo-litains; il en était aimé, et ils le prouvèrentà cette occasion.

Stuart, satisfait du léger succès qu’il avaitobtenu, n’osa risquer un débarquement, etretourna en Sicile .

Entreprise plus sérieuse contre Anvers .

Une entreprise plus sérieuse devait êtredirigée contre nos superbes établissementsd’Anvers ; une flotte immense, dont nousavons déjà parlé, prête depuis deux mois,et qui ne comptait pas moins de 39 vaisseauxde ligne, 36 frégates avec une flottille nom-breuse de canonnières, portait 40 mille hom-mes de débarquement, destinés à s’empa-rer d’Anvers , brûler notre flotte, détruireles chantiers et les bassins, puis comblerla passe de l’Escaut pour la rendre impra-ticable.

Le prix que l’Angleterre attachait à celteexpédition était la meilleure preuve de lasagesse des travaux que j’avais ordonnéspour faire de ce port le premier de l’Eu-rope .

Les Anglais attendirent le résultat despremiers événements de la campagne surle Danube avant de se hasarder sur le solfrançais . Le peu d’union dans le ministère,