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Tome second.
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CHAP. XIV. CAMPAGNE DE 1809.

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l’embarras du choix d’un commandant i(car l’Angleterre n’avait pas deux Wel- !lington), furent, dit-on, la cause de ce re-tard. |

Enfin, à la nouvelle de la bataille de Wa- !gram, on sentit qu’il n’y avait plus de tempsà perdre, si déjà même il n’était pas troptard. La flotte, sous l'amiral Strachan, vintdébarquer le i er août l’armée de lord Cha-tam dans l’ile de Walcheren . L’héritier dece grand nom, frère aîné de Pitt, prouva queles générations se succèdent, mais ne seressemblent pas. II entassa fautes sur fautesdans l’exécution d’une entreprise qui, mieuxconduite, eût infailliblement atteint son but.Le chemin le plus commode pour arriver dela côte à Anvers part de Blankenberg , et vapar Bruges et Gand ; c’est une chaussée pa-vée de vingt-quatre lieues. La côte étaittellement dégarnie, que rien n’empêchait dedébarquer 30 mille hommes sur ce point,et de les porter le troisième jour devantAnvers avec toute l’artillerie dont ils étaientamplement pourvus. Le reste de l’arméeet de la flotte entrerait dans l’Escaut pourfixer notre attention sur Flessingue et l’îlede Cassand. Anvers n’avait presque pas degarnison. Notre flotte eût été prise au dé-pourvu, et sa retraite impossible; en n’em-portant même que le fort de la tête deFlandre, situé en face d’Anvers , à la gauchede l’Escaut, le succès de l’entreprise eût étéassuré.

Les Anglais prennent Flessingue .

Chatam prit le taureau par les cornes;tremblant de se compromettre sur terreferme, il tâtonna avec sa droite devant Bres-kens et Elle de Cassand qu’il n’osa brusquer,et débarqua le 30 juillet le gros de ses forcesau nord de Elle de Walcheren , où il mit lesiège devant Flessingue . Une de ses divisionss’empara ensuite de Goes dans l’île de sud

Beveland , et, favorisée par la mauvaise con-duite d’un général hollandais, parvint à s’em-parer du fort de Batz, situé à la pointe oùl’Escaut se divise en deux bras. C’était uneperte sans doute, mais tant que nous con-serverions les forts de Lillo, de la tête deFlandre, de Frédéric-Henri et de Liefens-hoeck, qui sont situés sur les deux rives dugrand Escaut entre celui de Batz et Anvers ,cette prise ne décidait rien. Cependant legénéral Rousseau, qui avait pris d’excel-lentes dispositions à Cassand, avait eu letemps de jeter le 4 août deux bataillons derenfort dans Flessingue , où le général Mon-net commandait, et dont la flotte anglaisen’avait pas même songé à intercepter lacommunication avec Breskens .

Flessingue n’a qu’une simple enceintesans chemin couvert : c’est une mauvaiseplace. Le général Monnet, trop convaincu deses défauts, imagina de faire de grandessorties pour relarder les assiégeants. Malgrél’intrépidité que déploya le général Osten,ces sorties contre des lignes retranchées etdes batteries bien armées furent vigoureu-sement repoussées, et découragèrent la gar-nison sans utilité.

Le 13 août, les Anglais ouvrirent enfin unfeu épouvantable, non-seulement de leursbatteries de terre, mais encore de la grandeflottille de bombardières. L’incendie se ma-nifestait de toutes parts, il n’y avait pas decasemates à l’abri de la bombe. Après troisjours de ce grand fracas, Monnet capitulale 16, et se rendit prisonnier avec 4 millehommes. Comme il n’y avait pas la moindrebrèche au corps de la place, il fut condamnépar un conseil de guerre. S’il ne pouvait te-nir contre un pareil feu, il devait du moinschercher à s’ouvrir un passage, ou insisterpour la libre sortie de sa garnison. Il n’avaitpas fait tout ce qu’il pouvait, mais le juge-ment était rigoureux.