Band 
Tome second.
Seite
103
JPEG-Download
 

CHAP. XIV. CAMPAGNE DE 1809 .

103

tandis que Lapisse donnait vers le centre decette aile. Nos régiments engagés succes-sivement furent aisément repoussés. Unnouvel effort mieux combiné, mais un peutardif, fut opéré vers quatre heures avecplus d’ensemble. On fit donner trois divi-sions vigoureusement : jamais nos soldatsn’avaient plus bravement combattu ; mais ladifficulté du terrain, l’aplomb et le feu meur-trier des Anglais triomphèrent de leursefforts.

Pendant cette lutte opiniâtre, Sébastian!avait assailli la droite de l’ennemi ; la divisionLevai poussait devant elle une division espa-gnole, lorsque Wellington dirigea sa réserveanglaise pour la refouler. Battue par un feuconcentrique meurtrier, et engagée avec desforces supérieures, cette division fut obligéede revenir. On passa le reste de la journéeà tirailler sans résultat sur toute la ligne.Victor chercha vainement à prolonger sadroite par le vallon pour déborder Welling-ton, qui lui opposa ses réserves de cavaleriebien soutenues. Ce mouvement partiel ettardif ne pouvait plus réussir. La nuit mitfin à cette inutile boucherie. Les arméesrestèrent en présence le lendemain; maisJoseph, instruit que Wilson gagnait les en-virons de Naval-Carnero et menaçait sa ca-pitale, ordonna enfin la retraite. Victorrevint, le 29, derrière l’Alberche; Joseph etSébastiani marchèrent à Ulescas, et jetèrentune division, le 30, à Tolède , menacée parVanegas. Wellington, quoique renforcé dela division Crawfurt, ne bougea pas de soncamp : mécontent des Espagnols , effrayé deses pertes, il ne voulait rien donner au ha-sard, et sa circonspection était fort natu-relle. Celte bataille releva, au reste, la gloiredes successeurs de Malborough, qui, depuisun siècle avait décliné : il fut reconnu quel’infanterie anglaise pouvait le disputer à lameilleure de l’Europe . Notre perte fut de

8 mille hommes tués et blessés ; les alliés enavouèrent 7 mille.

Opérations de Souit, Ney et Mortier pour couperWellington.

Joseph eut tort de livrer cette bataille,puisque Soult marchait par Plasencia surAlmaraz avec 50 mille hommes, et que Wel-lington se fût retiré à son approche. Maisdès qu’il se décidait à combattre, il devaitlaisser à une division de Sébastiani et à3 mille chevaux le soin d’inquiéter le centreet la droite des alliés ; puis réunir tout lereste de son armée et ses réserves pourassaillir le point décisif et tourner en mêmetemps lagauche. Peut-être n’eût-il pas réussi,vu la supériorité des alliés et la nature duterrain ; mais, si la chose était possible, c’eûtété par la manœuvre indiquée et non paraucune autre. Pendant que ceci se passait,Soult cheminait dans la direction de Plasen-cia . Il n’avait reçu que le 27 juillet l’ordre dece mouvement; les troupes qu’il devait réu-nir occupaient le pays jusqu’au Douro , etle 5 e corps surtout avait bien du chemin àfaire pour arriver à temps. Soult se contentade laisser un corps volant pour masquerCiudad-Rodrigo , et sans s’embarrasser desrassemblements de Beresford del Parque,il s’achemina sur Plasencia où ses colonnesarrivèrent successivement du i cr au 4 août.

Retraite des alliés.

Wellington instruit ler er août de la marchede Soult, mais mal informé de sa force etne l’estimant que de 12 à 15 mille hommes,se porta d’abord au-devant de lui, tandisque Cuesta resterait avec 25 mille hommesdevant Victor, et ferait évacuer 5 mille bles-sés entassés à Talavera.

Ce faux mouvement et cette division im-prudente faillit perdre les alliés. Dans lefait il n’y avait que deux partis à prendre,