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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

traces de désordre et de confusion. Cin-quante canons, trente drapeaux et 20 milleprisonniers, sont les brillants trophées decette journée, et fournissent à la fois unglorieux et irréfragable témoignage de lagrande supériorité de nos soldats sur l’ar-mée espagnole.

L’ennemi ne se rallia que dans les défilésde la Sierra-Morena , où Joseph, inquiétépar la présence de l’armée de Wellingtonaux confins du Portugal , ne crut pas devoirla faire poursuivre.

Inaction et système de Wellington.

Il est assez remarquable qu’au momentoù l’Espagne recevait un échec aussi terrible,Wellington demeurait dans une inactioncomplète aux confins du Portugal , tandisque les 2 0 et 3 0 corps, dispersés depuis leTage à Salamanque , eussent donné prise àune puissante diversion. On a rejeté la fautede cette inaction sur la politique anglaise ;on y a vu un soin excessif pour la conserva-tion de son armée, de laquelle dépendait,selon elle, tout le succès de la guerre et ladélivrance de la péninsule. Quelque exces-sive que cette prudence paraisse, il y auraitde l’injustice à la blâmer. Au fait, peu im-portait à Wellington que cette guerre durâtdix ans, pourvu qu’il ne donnât rien au ha-sard ; ce n’était pas le sol anglais qu’il nouslaissait fouler, et pour le salut duquel il eûtété raisonnable de tout sacrifier. A ces mo-tifs plausibles, il importe d’en ajouter deplus puissants encore : Wellington, mécon-tent de ce que la junte suprême avait hésitéà mettre les troupes espagnoles formelle-ment sous ses ordres, s’était rendu à Séville ,après la retraite de Badajoz . Il s’y abouchaavec le marquis de Wellesley, son frère,ambassadeur d’Angleterre, à l’effet de poserles bases d’un système qui assurât plus d’en-semble aux opérations. Le danger qu’il

avait couru à Arzobispo lui prouvait que, sila guerre nationale que nous faisait l’Espagne assurait de grands avantages à l’armée an-glaise, elle ne devait pas s’abandonner à desentreprises hardies au cœur du royaume,avant de s’être ménagé un refuge assuré, desrenforts suffisants, et une coopérationmieux combinée delà part des troupes espa-gnoles. La Romana fut appelé à cet effet àla junte de Séville , où l’on espérait que sesservices et son crédit donneraient un grandappui à l’influence de l’Angleterre.

L’expédition d’Arrizaga n’était nullementliée au plan défensif que le général anglais s’était tracé en attendant qu’il eût reçu desrenforts, et il n’eût rien pu faire à cetteépoque qui pût produire un effet immédiatpour dégager les Espagnols . Il eût fallu qu’ilreprit l’offensive de son côté bien avant euxpour remarcher en Estramadure et agir deconcert : or une telle incursion était dia-métralement opposée à ses projets. En effet,loin de remonter la Guadiana pour agir avecArrizaga, aussitôt qu’il eut terminé sesconférences à Séville , Wellington dirigeason armée de Badajoz par Albukerque aunord du Portugal pour agir de concert avecle duc del Parque, qui commandait l’anciencorps de La Romana sous Ciudad-Rodrigo ,etavecBeresford, qui avait couvert Almeida.Ce nouveau plan d’opérations ne manquaitpas de mérite, puisqu’il portait l’arméeanglaise sur le point le plus important de noscommunications, dégarni parles rassemble-ments de nos troupes sur la frontière d’An-dalousie . Il réunissait en outre à ce grandavantage celui de mieux couvrir le Portugal ,base essentielle de toutes les opérations bri-tanniques pour la délivrance de la péninsnle.

Il fait construire un vaste camp retranché devantLisbonne .

Wellington ne s’en tint pas là ; il s’était