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NAPOLÉON AU TRIBUNAL UE CÉSAR, ETC.
temps le commandement de l’Arragon. Ilréunit bientôt un corps d’armée disponible,èt se vit en état de former une entreprisehardie et étendue, celle de nous chasser del’Arragon en soulevant et armant de nou-veau tout le pays contre nous : s’il obte-nait un succès complet, il marcherait ensuitepar la Navarre, en remontant l’Èbre versMiranda, afin de s’établir entre Bayonne etMadrid , menaçant toutes nos lignes d’opé-rations, et interceptant la communicationde la capitale avec la France . La dernièrepartie de ce plan, quoique hasardée peut-être, paraîtra moins téméraire, si l’onsonge qu’à cette époque, je m’engageaisdans une nouvelle guerre avec l’Autriche ,et que le maréchal Soult se portait de laCorogne vers le centre du Portugal , où lesAnglais commençaient à organiser l’arméedestinée à défendre la péninsule. MaisBlacke avait besoin d’abord de battre lecorps français qui défendait Saragosse : ets’il échoua dans cette tentative, il ne réussitque trop bien à ranimer les résistances de lapopulation. Des levées et des armements sepréparèrent sur divers points de l’Arragon;Villacampa, Durand, Ramon, Gayan, sur larive droite de l’Ebre ; Mina, sur la frontièrede Navarre ; Renovalès, Sarrara, Perena,Pero Duro, Cantarero, et plusieurs autres,dans le haut Arragon, formèrent successi-vement autour du 5° corps de l’armée fran-çaise un cercle de partis et de guérillas quine cessèrent jusqu’à la fin de la guerre degêner ses mouvements et de combattre sesopérations.
État du s' corps.
Les troupes dont le 3 e corps se compo-saient étaient en grande partie de nouvelleformation et de nations différentes ; les tra-vaux pénibles du siège les avaient fatiguéeset dégoûtées. La force réelle n’en compen-
sait pas la faiblesse morale: elle ne dé-passait point 15 à 16 mille combattants.Heureusement que le général Suchet vintsuccéder à Junot dans ce commandementimportant.
Premiers succès de Blacke.
Quand ce général arriva à Saragosse le îamai pour en prendre possession, son pré-décesseur ignorait les mouvements et lesprojets de Blacke ; mais le lendemain mêmede son arrivée, Suchet apprit que le généralLaval avait été attaqué à Alcanitz, et obligéde reculer devant des forces considérables :en même temps le général Robert, postésur la Cinca, ayant fait passer huit com-pagnies d’élite à la rive gauche de cette ri-vière, s’en était vu séparer par une cruesubite sans pouvoir les secourir, et annon-çait qu’elles avaient été enveloppées et pri-ses, après trois jours de combat glorieux,par la population en armes, aidée de lagarnison de Lerida . La perte de ces bravesméritait des regrets, mais ne pouvait plusse réparer. Ce qui demandait une attentionsérieuse, une résolution prompte, c’était lemouvement de Blacke sur Alcanitz; carc’était lui qui, à la tête de is mille hommes,entrait en Arragon et menaçait Saragosse Le 3 e corps se trouvait disséminé; le généralSuchet se hâta de rappeler le général Ha-bert à la rive droite de l’Ebre ; il emmenatoutes les réserves qu’il trouva sous sa mainà Saragosse ; et, se portant sur la Puebla d’Ixar à l’appui de la division Laval , dalla,le 23 mai, reconnaître l’ennemi auquel ilavait affaire. Celui-ci avait une positionavantageuse et une artillerie nombreuse etbien servie ; malgré tous les efforts de Su-chet pour ramener ses troupes à la charge,elles ne purent l’emporter. Il les retira à lafin du jour, et une terreur panique faillitcauser une déroute : les auteurs en furent