CHAP. XV. CAMPAGNE DE 1809.
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jugés et fusillés 5 l’ordre se rétablit, et Su-chet ramena son armée sous Saragosse .
Sages mesures de Suchet.
Sa position était critique : s’il risquaitune affaire décisive et qu’il fût battu, ilcompromettait tout le centre de l’Espagne :s’il évacuait légèrement cette Saragosse dont la défense venait de couvrir les enne-mis de tant de gloire, l’Europe , mettant safaiblesse en parallèle avec l’héroïsme dePalafox, l’accuserait de lâcheté, s’en s’em-barrasser de la différence des situations etdes éléments de défense. Or, la défaite laplus complète ne saurait entraîner de plusgraves résultats. Suchet fit camper ses trou-pes sur le mont Torero, les fit manœuvrer ;excita leur enthousiasme en leur présentantla honte qu’il y aurait pour elles à céder enénergie aux défenseurs de Saragosse , et iln’attendait plus que le retour de cinq ba-taillons qui avaient conduit les prisonniersen France pour faire repentir Blacke deson audace. Heureusement ce général luilaissa le temps de faire tous ses préparatifs :soit qu’il voulût envelopper le 3 ° corps, soitqu’il redoutât de l’aborder, il mit quinzejours à tourner autour de lui d’Alcanitz parIxar, Belchite , Botorte et Muela.
Combat de Maria.
Les bataillons attendus de France nedevaient revenir que le 15 juin. Déjà le 13,Blacke, s’avançant par la vallée de laHuerba, avait séparé du corps d’armée etrejeté sur Epila un détachement commandéparle général Fabre, ce qui menaçait A lagonet notre ligne de retraite. Suchet porta lesbrigades Musnier et Habert, avec sa ca-valerie , au couvent de Santa-Fé, évitanttoutefois d’engager l’action. Le généralLevai fut laissé sur le mont Torero avecune partie de sa division, et une réserve
occupa Saragosse sous le colonel Haxo.Des escarmouches remplirent l’intervallejusqu’au 15 : Blacke alors déploya 25 millehommes et parut offrir la bataille. Sa positionétait prise en avant du village de Maria, sadroite à la Huerba et à la grande route quecoupait en cet endroit le pont d’un petitaffluent de la Huerba, son centre et sagauche sur des hauteurs entrecoupées deravins. La connaissance de ce terrain dé-termina à l’instant les dispositions du gé-néral Suchet. Après avoir attendu jusqu’àdeux heures après midi l’approche des ba-taillons revenant de France , dès qu’il les sutà une lieue de lui, les regardant commeune réserve suffisante, il engagea toutes lestroupes qu’il avait sur le champ de bataille.Il établit sa ligne parallèlement à celle deBlacke, attaqua ou contint quelque temps lagauche et le centre de l’ennemi ; puis, fai-sant une charge vigoureuse sur sa droite,il enleva le pont et la grande route, seuldéfilé qui offrît une retraite à l’artilleriedont Blacke avait garni son front. Il y eutencore sur les hauteurs un combat qui seprolongea à la faveur d’un violent orage;mais la retraite ou la fuite de l’infanterieespagnole le termina, et les canons, aunombre de 23, restèrent en notre pouvoiravec un faible nombre de prisonniers,parmi lesquels un colonel et le généralO’donoju. ,
Combat de Relchile.
La victoire de Maria sauvait le 3 e corps etSaragosse : mais pour délivrer tout l’Arra-gon, Suchet désirait entamer ou détruirel’armée de Blacke ; il la suivit avec toute lavivacité possible dans la direction de Bel-chite , où elle opérait sa retraite. Blackel’attendit le 18 en position devant cette petiteville : l’attaquer de front, déborder et enta-mer sa gauche, fut l’affaire d’une heure.