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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

Une terreur panique se saisit des nouvelleslevées ; le régiment de Valence, atteint parnotre cavalerie, en voulant mettre plusd’ordre dans sa retraite, fut sabré ou pris,et la déroute fut complète jusqu’à Alcanitz.Blacke regagna Tortose , affaibli de4 à 5 millehommes tués ou prisonniers et de 25 piècesde canon.

Opérations de St-Cyr en Catalogne .

En Catalogne , nous avions obtenu lesmêmes succès ; mais ils n’avaient pas lesmêmes suites, parce que les obstacles étaientplus grands, et que la mer ouvrait d’immen-ses ressources aux insurgés. St-Cyr étaitdevant Tarragone depuis le mois de février :dans l’impossibilité de se tenir plus long-temps sous cette place, il réclamait à grandscris les moyens suffisants pour attaquerGirone , sans laquelle notre situation enCatalogne devait toujours être précaire.Les communications étaient presque impos-sibles : il n’eût pas fallu moins de 6 à 7 batail-lons pour porter un ordre de Perpignan àBarcelone , et la correspondance ne s’étaitfaite que par mer avec des peines inouïes.St-Cyr résolut donc de se rapprocher deVich, autant pour y vivre que pour faciliterle siège de Girone .

Informé des obstacles que nous opposaitcette province, j’avais résolu, à la findeisos,d’y envoyer le 4 e corps sous les. ordres deMasséna. Il avait déjà passé le Rhin , lorsquela guerre d’Autriche me força à le faire re-tourner en Allemagne , où les vainqueursd’Eylau se montrèrent dignes de leur an-cienne gloire.

Ce fâcheux contre-temps ne fut pas celuiqui contribua le moins à la mauvaise issuede la guerre d’Espagne . Cependant les me-sures furent prises pour y suppléer autantque possible : un parc de siège fut assembléà Perpignan ; le général Verdier remplaça

Reille à Figuères , et forma un corps de18 bataillons destiné à conduire les attaquescontre la place.

Siège de Girone .

Girone s’est illustrée par une défense nonmoins extraordinaire que Saragosse . Il estvrai que cette place est plus régulièrementfortifiée que la capitale de l’Arragon ; mais ilest incontestable toutefois que l’opiniâtretéde sa défense est due autant à l’exaltationdes habitants qu’aux ressources de l’art.Plus fanatiques encore que leurs voisins,les Gironais déférèrent le commandement àSt-Narcisse, non-seulement sur les batail-lons et les habitants qui se trouvaient dansla place, mais encore sur toute l’Espagne .Fiers de l’appui de ce généralissime, les ha-bitants et les femmes mêmes se préparèrentà braver tous nos efforts. Si la résistancedes Espagnols eût été le résultat d’un pa-triotisme à la fois héroïque et éclairé, iln’est pas probable qu’ils eussent recouru àde tels moyens pour nous combattre; ilsauraient pris sans doute d’autres généraux.Heureusement pour eux que St-Narcisseavait un lieutenant digne de commander :le général Alvarez était un brave à touteépreuve, et non moins décidé que Palafoxà rendre son nom célèbre par une défensedésespérée : l’enthousiasme des habitantsajoutait à sa résolution naturelle.

Girone est située sur le Ter, au piedd’une gorge que traverse la route de Per-pignan . La ville a une enceinte assez médio-cre; mais les montagnes qui l’entourent aunord et à l’est sont couronnées de quatreforts qui en rendent l’investissement difficileet d’une étendue considérable. Pour l’atta-quer du côté du sud, il eût fallu ouvrir uneroute à l’artillerie; car la seule praticablepasse parla ville. On manquait de bras pourun tel travail : de plus, il eût été difficile de se