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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
disséminées pour observer Cadix et Gi-braltar, occuper Grenade et Malaga ; maisce maréchal ne sut pas se décider à tempsà agir avec vigueur sur les bords de laGuadiana ; il s’occupa de soumettre le paysavant d’avoir détruit les masses ennemiesqui devaient en troubler la possession. Ledéfaut de parc de siège pour réduire Ba-dajoz ne saurait être admissible, alors qu’onavait trouvé un bel arsenal à Séville , etconquis beaucoup de grosse artillerie à laSierra-Morena .
Wellington reste vers Aimeida dans l’inaction.
Wellington, de son côté, ne tira pas toutle fruit possible de la dispersion de nosforces. Sa marche aux environs de Ciudad-Rodrigo , qui aurait pu avoir de grandsrésultats au commencement de îsio, s’il eûtpris à temps l’offensive, ne signifiait riendès qu’il restait sur place. Il semble qu’à lafaveur de sa position intermédiaire, il pou-vait agii plus vigoureusement, soit contreNey à Salamanque , soit en débouchant parBadajoz sur les derrières de Soult.
Nous avons signalé précédemment lesmotifs de cette inaction, qui laissa peserdurant huit mois tout le poids de la guerresur les Espagnols . Elle prenait sa sourcedans un syst ème de temporisation arrêté à Sé-villeentreWellingtonetsonfrèreWellesley:ils demandaient au cabinet de Londres unrenfort de 12 à 15 mille hommes, augmen-taient les levées du Portugal , et poussaientavec activité les travaux du vaste camp re-tranché de Lisbonne . Jusque-là il ne con-venait pas à Wellington de jouer le toutpour le tout, en exécutant des mouvementshardis qui auraient pu lui valoir des succèsmomentanés, mais compromettre les résul-tats plus positifs qu’il se flattait d’obtenirpar la force des choses et les avantages deson système. Favorisé par l’éloignement et
l’inaction de cet adversaire, Soult, qui n’endéméla pas les motifs, eonçut l’espérancede fonder un établissement solide en An-dalousie , et prit toutes les mesures pour yparvenir, ajournant à une époque plus éloi-gnée la soumission de Badajoz .
Soult entoure Cadix de retranchements.
Son premier soin fut de bloquer par terrecette importante place de Cadix qu’on avaitlaissé échapper. Trois cents bouches à feu,prises dans les dépôts espagnols de Séville ou dans les retranchements de la Sierra-Morena , servent à armer une ligne de con-trevallation , qui ne compte guère moins dedix lieues depuis Rota jusqu’à la tour deBarmeja. On se flatte, à l’aide de ces formi-dables lignes, d’enfermer les forces hispano-britanniques dans une mince langue deterre; comme si Gibraltar , Carthagène etvingt ports sur les côtes de la Méditerranéeet de l’Océan ne permettaient pas à l’ennemide porter même une partie des défenseursde Cadix sur tous les points où il seraitconvenable d’opérer un effort contre nostroupes.
Instruit de ce qui se passait en Andalou-sie , je jugeai que, puisque la faute étaitcommise, il ne fallait pas évacuer un paysoù nous avions déjà essuyé l’échec de Bay-len, et dont la population, fatiguée de ré-volutions et de sacrifices, avait mieux ac-cueilli nos troupes que nous ne l’espérions.Toutefois, comme cette occupation chan-geait la nature de mes projets contre lePortugal , je prescrivis à Masséna d’agir avecmesure, en commençant par réduire lesplaces de Ciudad Rodrigo et d’Almeida, età Soult de le seconder, en pressant la ré-duction de Badajoz pour faire une diversiondans l’Alemtejo.
Quoique je ne me dissimulasse point lepeu d’avantage réel du blocus de Cadix , ni