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Tome second.
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NAPOLÉON AIT TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

Chances de sa position.

C’était certes une grande contrariété quela force de cette position nous empêchâtd’expulser les Anglais de la péninsule parun coup de vigueur; toutefois cette situa-tion n’offrait pas tant de combinaisonsqu’il ne fut facile d’adopter la plus convena-ble. On dira que la presque impossibilitéd’un assaut reconnue, il fallait confinerWellington dans son réduit, et l’y tenir encharte privée par un demi-blocus, ou biendécamper pour l’attirer dans l’intérieur del’Espagne . Mais il existe sur les frontièresdu Portugal plusieurs positions presqueaussi fortes que celles de Torres-Vedras ;en nous retirant, on lui étendait sa sphèred’activité depuis l’Ebre jusqu’au Guadal-quivir. Il aurait fallu des forces plus con-sidérables pour le tenir en respect derrièreTAgueda que pour observer ses lignes : ilaurait toujours la faculté de tenir la cam-pagne avec avantage contre des troupesforcées de s’étendre pour couvrir l’espaceimmense de Salamanque à Cadix , qu’il me-nacerait partout, en sortant du Portugal comme d’un camp retranché pour opéreralternativement sur sa droite ou sa gauche.Si on le battait, il aurait toujours été se blot-tir dans son refuge de Torres-Vedras, etc’eût élé là qu’il aurait fallu venir le forcer.Il était donc clair que puisque nous l’y te-nions, il fallait y rester. Cinquante milleFrançais tenant l’armée anglo-portugaise bloquée dans son camp démontraientson impuissance pour délivrer la pénin-sule : c’était comme si cette armée n’eûtpas existé; mais c’étaient 50 mille hom-mes de plus qu’il fallait pour réduire l’Es-pagne .

Les indignes Français qui ont pris à tâchede ravaler notre gloire pour porter auxnues celle des ennemis de la France , et de

faire de Wellington l’homme de la Provi-dence , n’ont pas compris une question sisimple. Ils ont fait de Masséna unimbécille,et de moi un enragé qui perdait tout parsa violence et son opiniâtreté.

Au résumé, il est positif qu’il fallait atta-quer Wellington deux jours après notrearrivée, ou nous conduire comme nous l’a-vons fait. Si nous avions eu le moyen d’ap-provisionner 60mille hommes sur place dansce pays dévasté et insurgé, Wellington neserait pas sorti de ses lignes, à moins qu’ilne se fût rembarqué pour aller porter lethéâtre de ses exploits sur un autre pointde la péninsule.

Succès brillants de Suchet en Catalogne .

Mon armée d’Arragon était plus heureuse.Après la victoire de Santa-Maria remportéesur le corps de Blacke, Suchet, rentré triom-phant à Saragosse . était parvenu par unesage administration à ramener l’abondanceet la discipline parmi ses troupes, com-posées de peuples différents et de nouvelleslevées. Il assura la solde, exigea que les mi-litaires ne fussent plus à charge aux habi-tants, et, chose extraordinaire, il parvint,par sa fermeté et sa justice, à soumettre cesmêmes Arragonais qui avaient déployé tantd’énergie et de férocité dans la défense deSaragosse . Pourvu de tout, et pouvant fairedescendre l’Ebre à ses convois, il se prépa-rait en silence à l’attaque des places du basEbre , qui seules pouvaient décider la sou-mission de la Catalogne , lorsque Joseph,marchant en Andalousie , lui prescrivit des’avancer jusqu’à Valence pour appuyer sonmouvement : le roi comptait sur des in-telligences dans cette ville, et annonçaitque les portes s’en ouvriraient à notre ap-proche. L’armée d’Arragon, dans les pre-miers jours de mars, s’y porta en deux co-lonnes. qui se rejoignirent à Murviedro :