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Tome second.
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CHAP. XVI. CAMPAGNE DE 1810 .

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elle battit l’avant-garde de l’armée Valen-cienne, lui prit neuf pièces de canon, oc-cupa les faubourgs de Valence , et reconnutla place ; mais les portes ne s’ouvrirentpoint, malgré une sommation appuyée demenaçantes démonstrations.

Siège et prise de I.erida.—Combat de Margalef.

Alors Suchet, convaincu que rien n’étaitencore mûr pour cette entreprise, se hâtade rentrer à Saragosse pour commencerune opération dont il attendait plus de suc-cès, et acheva rapidement ses préparatifscontre Lerida . Le 12 avril, il se présentadevant cette place et en fit l’investissement.Il ne se hâta point d’ouvrir la tranchée,parce qu’ayant parcouru les environs et prisdes renseignements, il fut informé de lamarche d’un corps ennemi sorti de Tarra-gone sous les ordres du général HenriO’donnel. Le 23, ce général crut surprendrenos troupes de la rive gauche de l’Ebre , ets’avança hardiment sur la tête du pont deLerida par les plaines de Margalef. En mêmetemps la garnison de la place tenta une sor-tie qui fut contenue ; et pendant que le gé-néral Harispe repoussait la tête de colonned’O’donnel, le 13 e de cuirassiers, soutenu parla division Musnier, chargea en flanc lai ro divi-sion espagnole, la culbuta, et, après un com-bat vif et court, lui fit mettre bas les armes :l’autre division prit la fuite. L’ennemi, ou-tre ses morts et blessés, perdit 5 mille pri-sonniers. Les opérations du siège commen-cèrent aussitôt avec vigueur. Le 29 avril, ônouvrit la tranchée, et le 27 mai, le feu contrele front nord de Lerida : les pluies et l’artil-lerie de la place nous forcèrent à l’interrom-pre. Le 12 mai, notre artillerie reprit sesavantages. Le 13, on livra l’assaut; la ville etle pont furent emportés à la baïonnette. Ce-pendant Suchet, voyant que la garnison seréfugiait au château, ordonna que toute la

population y fût aussi poussée. A la faveurdu combat dans les rues et pour ainsi direde maison enmaison,cette manœuvre adroiteréussit. Elle encombra le château, les fosséset les cours, d’une foule de bouches inutiles,aussi effrayées des bombes que nous leur je-tions, qu’elles avaient été ébahies des dis-cours fanatiques des prêtres. Le gouverneur,embarrassé et intimidé, ne pouvant ni lesnourrir, ni les faire combattre, se vit ré-duit à capituler. Le général Suchet évitaainsi un second siège, qui avait coûté 25jours au duc d’Orléans en 1707. La garnisonfut prisonnière au nombre de 7000 hommes.Nous trouvâmes en outre dans la place desmagasins et 105 bouches à feu. L’occupationde Lerida nous rendait maîtres de la vaste etfertile plaine d’Urgel, qui procura de gran-des ressources pour les approvisionnementsde l’armée.

Crise de Meijuinenza.

Le siège de Mequinenza fut entreprisimmédiatement après celui de Lerida . Ilfallut percer un chemin pour l’artillerie àtravers les montagnes à l’extrémité des-quelles ce fort est construit. Dès les pre-miers jours de juin, la tranchée fut ouverte,et le 8 , l’assaut allait, être donné, quand lefort capitula. Nous y prîmes 1400 hommeset 45 pièces de canon; nous y gagnionssurtout l’avantage de maîtriser la navigationde l’Ebre de Saragosse à Torlose.

Si j’étais content des opérations de Su-chet, de la soumission de l’Arragon et dela prise de Lerida , je l’étais d’autant, moinsd’Augereau, qu’il ne faisait rien de bon enCatalogne , malgré les avantages que la prisede Girone lui avait procurés et les renfortsqu’il recevait journellement.. Son premiersoin fut de se rapprocher de Barcelone , etd’investir Hostalrich : les Espagnols firentd’inutiles essais pour ravitailler ce fort, et