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Tome second.
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NAPOLEON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

J 40

la garnison, profitant du peu de surveil-lance du blocus, parvint à s’échapper. Laprise de ce fort achevait de nous rendremaîtres de la chaussée, si indispensablepour la liberté de nos communications etle transport du matériel. Cependant Auge-reau ne sut tirer aucun fruit de ces avanta-ges. Il fit des démonstrations dans la direc-tion de Lerida , lorsque Suchet l’assiégeait,mais il s’en tint là. A la vérité la pénuriedes vivres et la difficulté des communica-tions, jointes à l’insurrection générale de laprovince, gênaient tous ses mouvements etles rendaient dangereux. Je ne négligeairien de ce qui était en mon pouvoir pourle seconder : un grand convoi, que je fisexpédier de Provence par mer, ne put en-tre/ 1 à Barcelone ; il fut pris ou dispersé, etles trois vaisseaux de ligne qui l’escortaientdurent s’échouer sur la côte pour ne pastomber au pouvoir des Anglais . Les trou-pes d’Augereau ayant été ensuite battuesen deux rencontres, je vis bien que le vain-queur de la Mouga et de Castiglione neconvenait pas à une guerre de cette nature,où il fallait plus de talent et d’activité quede courage; je le remplaçai par Macdonald.

Siège el prise de Tortosc.

Cependant les gages que m’avait déjàdonnés le général Suchet me déterminèrentà lui confier l’opération importante delaquelle devait dépendre, selon moi, lasoumission de la Catalogne . Deux seulesgrandes routes existent dans cette province,l’une va de Barcelone à Saragosse ; l’autreconduit de Perpignan , en suivant le rivagejusqu’à Valence par Tarragone, Tortose etPeniscola , ports de mer fortifiés.

Il importait de nous emparer de cettecommunication directe : c’était à la foiscouper celle des insurgés avec la mer, etassurer la nôtre entre l’Èbre et la France .

Suchet fut chargé de cette tâche et de pré-luder par le siège de Tortose , tandis (pieMacdonald formant le corps d’observationcontiendrait les divisions de l’ennemi éparsesdans les montagnes, depuis la Cerdagne etles confins de l’Arragon jusqu’aux limitesdu royaume de Valence.

Toute la tête des vallées de Vie, de Man-resa, de Cervera et de Puicerda, parcou-rues souvent par nos colonnes, n’en demeurapas moins au pouvoir des Espagnols , etleurs chefs, loin de se laisser ébranler parnos succès sur l’Ehre , parurent souvent dansune attitude menaçante dans la Cerdagne française, aux portes de Mont-Louis etjusque dans l’Ampurdan.

La difficulté de tirer nos convois deFrance à travers un pays si plein d’obsta-cles naturels, rendait toutes les entreprisesde nos troupes très-pénibles. Suchet, ayantréuni à Lerida tout ce qui lui fallait pourle siège de Tortose , résolut de brusquercette opération, de crainte que Macdonaldne pût tenir longtemps les positions né-cessaires pour le favoriser. Il fit ouvrir uneroule praticable de Mequinenza et de Carpeà Batea et à Gandesa , et vint dans les der-niers jours s’établir devant Tortose . Maisl’armée de Catalogne n’était point prête àse lier à celle d’Arragon; Macdonald nevint qu’à la fin d’août s’aboucher avec soncollègue à Lerida , et se reporta même aus-sitôt avec son corps dans la direction deBarcelone et de Girone pour aller au-dëvant d’un convoi de France dont l’arrivéelui était indispensable pour combiner avecsûreté ses opérations avec celles de Suchet.Celui-ci regretta de s’être établi trop tôtprès de la place qu’il devait assiéger ; maiscraignant l’effet d’un mouvement rétro-grade , il se décida à conserver sur la rivedroite de l’Èbre un blocus qui se prolongeaplusieurs mois. Cet intervalle fut une lutte