CHAP. XVI. CAMPAGNE DE 1810.
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continuelle, soit contre les Valenciens oula garnison, qui tentèrent diverses attaquessur les troupes du blocus, soit contre descorps ennemis sortis de Tarragone et cam-pés à Falcet et environs, soit contre lespartis répandus le long de l’Èbre , afin d’in-tercepter nos convois d’artillerie. Au moisde décembre seulement, la coopération tantattendue se réalisa. Le maréchal Macdo-nald , à qui Lerida et ses magasins furentremis, s’établit avec le gros de ses forcesentre Tarragone, Tortose et Mora, et unede ses divisions passa momentanément sousles ordres de Suchet pour prendre part ausiège. Avec ce renfort, le dernier ayant in-vesti Tortose sur les deux rives et occupéle col de l’Alba le îs décembre, pressa sansdésemparer les travaux. L’attaque fut diri-gée contre le front de la place, entre l’Èbre et le fort d’Orléans inclusivement. Les tra-vaux du génie furent poussés avec une ra-pidité extraordinaire, malgré les sorties dela garnison. Lei er janvier, on avait couronnéle chemin couvert, et la descente du fossés’exécutait en même temps que l'on battaiten brèche. Le gouverneur proposa une ca-pitulation, qu’il hésita ensuite de conclure,quoiqu’il ne pût ignorer que le mineur allaitêtre attaché au corps de la place. Le len-demain 2 janvier, tout fut disposé de bonneheure pour l’assaut. Le drapeau blanc re-parut, et cependant le gouverneur ni aucunparlementaire ne se présentait. Les pour-parlers de la veille avaient déjà ébranlé lagarnison, qui de lous côtés s’avançait surles glacis et entrait en conversation avec nossoldats. Saisissant ce moment pour empê-cher une effusion de sang désormais inu-tile, le général Suchet, suivi de quelquesofficiers, pousse son cheval sur le premiergroupe espagnol , et se fait ouvrir la barriè-re ; il aperçoit des officiers, court à eux, seplaint des hésitations du gouverneur et du
sort auquel on expose la ville. A sa voix lescanonniers abandonnent leurs pièces, lesFrançais se répandent sur les remparts ; legouverneur, un peu confus, est amené de-vant lui, et la capitulation de la veille estconclue, signée et exécutée au même instant.Plus de 8ooo soldats et 177 bouches à feu setrouvèrent dans Tortose , et partagèrent lesort de la place : la garnison fut dirigée parSaragosse sur la France . Cette conquêteséparait désormais les Valenciens des Cata-lans, et affaiblissait leur défense en la divi-sant. Le général Suchet, à peine maître deTorlose, voulut profiler de son succès pouren obtenir un second, en tâchant de s’em-parer sans siège du fort Saint-Philippe,situé sur le col de Balaguer. Le généralHabert tenta ce coup de main avec succès.Nos voltigeurs intimidèrent la faible garni-son, escaladèrent les murailles et prirentle fort. C’était un point d’appui précieuxpour les opérations ultérieures contreTarragone .
Malgré ces échecs, le gouvernement es-pagnol ne désespérait pas encore de sacause. Les cortès de la nation convoquées,comme on l’a dit plus haut, au moment dela dissolution de la junte centrale, s’étaientenfin réunies au mois de septembre i8io àCadix . D’après l’esprit qui dominait cetteassemblée, il était aisé de prévoir qu’elle nes’accorderait pas longtemps avec la régence :en effet, elle débuta par la destituer et paï-en former une autre à la tête de laquelle fi-guraient le duc de l’Infantado et le généralBlacke, celui qui, avec La Romana, jouis-sait de plus de popularité, bien que ses ar-mes n’eussent pas été plus heureuses quecelles de ses collègues. Au fait, les mesu-res militaires en éprouvèrent pour l’instantquelques améliorations des efforts furenttentés vers l’est, sous la protection de Tar-ragone ; dans le midi, à l’aide de Cartha-