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Tome second.
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CHAP. XVII. CAMPAGNE DE 1811.

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noire inimitié provint plutôt de l’exaltationirréfléchie qui anima les Prussiens contremoi en 1806, que de toute autre cause;4" qu’après cette funeste guerre, je ne metrouvai jamais en position de me procurerun allié de 12 à 15 millions d’habitants,qui tint son accroissement de moi, et fûtainsi irrévocablement lié à ma cause;et qu’à défaut d’un tel auxiliaire, je dusm’en tenir à l’Autriche , bien qu’elle fût loinde m’être attachée par des bienfaits.

Nouveaux sujets de brouille avec la Russie .

Dans cet intervalle, un orage commençaità se former au Nord. L’obligation demaintenir le système continental amenaitplusieurs difficultés avec la Russie , dontl’embarras augmentait chaque jour; ellemanquait déjà de produits manufacturés,qui, amenés par terre, y étaient à des prixexorbitants; tandis que les produits de sonsol, composés d’articles trop volumineuxpour être transportés autrement que parmer, encombraient tous les ports de l’em-pire, où il était impossible de s’en défairemême à vil prix. J’insistais néanmoins pourque tout ce qui avait touché le sol anglais ou subi la visite fût prohibé : c’était auxyeux des Russes une absurdité, mais cetterigueur était indispensable pour la réussitede mon système. Il fut un moment où lessoieries de France allaient à Londres parArchangel, près de la mer Glaciale. Cepen-dant, plus tard, ta contrebande s’organisasystématiquement : je l’avais prévu, parceque le gouvernement russe ne pouvait sur-veiller son immense littoral, et qu’il était

[1] M. Fain, et avant lui plus d’un panégyriste deNapoléon , ont prétendu que la Russie avait sanc-tionné ces agrandissements à Tilsiletà Erfurth. Us auraient dû se rappeler que l’entrevue d’Erfurtheut lieu en isos. et que ce fut de 1809 à isio que Napo-léon réunit Rome, la Toscane, la Hollande, la moi-

trop intéressé à fermer les yeux ; maiscomme on passe moins facilement par lesportes fermées que par les portes ouvertes,la contrebande amène toujours moins demarchandises que la libre entrée. Je rem-plissais ainsi la moitié de mon objet. Tou-tefois, je ne m’en plaignis pas moins ; on sejustifia, on sévit même contre les fraudeurs,et la fraude recommença. Nous nous irri-tions ; cette manière d’être ne pouvaitdurer.

Nous devions en effet nous brouiller, de-puis l’alliance que j’avais contractée avecl’Autriche. La Russie devait savoir que celteunion politique 11e pouvait plus avoir d’autreennemi qu’elle-même, attendu que nousétions maîtres de tout le reste. Il fallaitdonc qu’elle se résignât à une complaisantenullité, ou qu’elle essayât de nous tenir têtepour conserver son rang. Elle était tropforte pour consentir à n’être rien : elle sedécida à combattre. La réunion de la Hol-lande, celle de Lubeck , qui me donnait pieddans la Raltique, et plus encore l’augmenta-tion du duché de Varsovie , étaient d’ailleurs,comme je l’ai déjà dit, des griefs suffisantspour me déclarer la guerre.

Je lui ai donné tous les torts dans mesbulletins et dans mes proclamations, en l’ac-cusant d’avoir violé le traité de Tilsif : c’estl’usage de tous les manifestes, chacun veutavoir raison. De complaisants panégyristesont répété à satiété cette assertion, très-naturelle de ma part, et tout-à-fait ridiculedans la bouche d’un historien [il. Commentpeut-on se faire illusion an point de croireque ce traité, déjà ébranlé par mon alliance

tié de la Weslplialie. Mais quand on se prosterneaux pieds d’une idole, c’est toujours aux dépens dela raison et de la justice. Napoléon n’a pas besoinde ces indignes moyens pour être le plus grandhomme deson siècle.