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NAPOLÉON AU TRIBUNAL I)E CÉSAR. ETC.
de famille avec l’Autriche , ne fût pas déchiréle jour où je déclarai Amsterdam, Ham-bourg et Lubeck chefs-lieux de départe-ments français ? Posons en effet la propo-sition en sens inverse, et demandons à cespanégyristes ce que l’Europe eût penséde moi si j’avais souffert que l’empereurAlexandre réunit à son empire la moitié desétats prussiens jusqu’à l’Oder , sous prétextequ’étant allié avec lui à Tilsit, je devais se-conder ses entreprises et non m’y opposer !D’ailleurs, le traité de Tilsit avait été plusou vertement enfreint par le traité de Vienne.
Je ne tardai pas à rencontrer, comme jem’y attendais, de la froideur dans mes rap-ports avec Pétersbourg : on refusa de re-pousser les neutres chargés de denréescoloniales pour le commerce aifglais ; on seplaignit, et avec justice, de l’occupation dupays d’Oldenbourg; enfin on frappa, le30 décembre îsio, le commerce français d’une foule de prohibitions qui le mettaientà peu près à l’interdit comme le commerceanglais . Il était clair que nous allions nousbrouiller, car nous étions de force à nousmesurer. En attendant, les affaires d’Es-pagne me donnaient autant d’occupationque celles de Turquie en fournissaient à laRussie .
Espoir de terminer les affaires d’Espagne .
L’année mi s’annonça dans la péninsulesous les plus heureux auspices. Si les ex-péditions contre le Portugal et Cadix n’a-vaient pas entièrement atteint le but que jem’étais proposé, les succès de Suchet surl’Ebre et de Soult en Andalousie compen-saient cette contrariété, qui n’aurait peut-être été que passagère. Il était naturel d’es-pérer qu’après avoir soumis les provincesde l’est et du midi, on réunirait toutes nosforces vers l’Estramadure et qu’on en fini-rait avec les Anglais . Les dissensions con-
tinuaient à se manifester dans les différentspartis; les travaux et les principes des cor-tès ne convenaient ni à la junte apostoli-que, ni aux grands. La régence, à la tête delaquelle on avait placé le duc de l’Infandato,ne s’accordait guère non plus avec les pro-jets des réformateurs de l’Espagne ; et peut-être, avec le temps, aurions-nous réuni lesdissidents au parti de Joseph.
Dissensions enn-e Joseph et mes généraux.
Malheureusement le meilleur accord nerégnait pas non plus entre mon frère etmes généraux. Joseph, mécontent de voirque son autorité diminuait de jour en jourdans son royaume pour passer aux mainsde mes lieutenants, m’envoya par le mar-quis d’Almenara son abdication formelle, sije persistais à vouloir que les chefs de l’ar-mée française continuassent à être indépen-dants de son autorité. Un parti commen-çait à se former en sa faveur même dans lescortès; il s’abusait au point de croire qu’enprenant vivement l’intérêt des Espagnols ,le nombre de ses partisans grossirait assezpour mettre fin à la guerre, et se passer del’appui de mes troupes.
J'engage Joseph à assembler des cortès à Madrid .
Je l’avais engagé à traiter avec les coï -tés de Cadix ; mais les renseignements quinous parvenaient sur leurs débats et leurcomposition me firent penser qu’ils nejouiraient pas longtemps de la considéra-tion des hommes réfléchis, plus nombreuxen Espagne qu’on ne le pense. Je me flattaide l’espoir qu’on opposerait avec succès àcette réunion d’exagérés une assembléed’hommes éclairés, dont les délibérationspubliques, répandues dans tout le royaume,calmeraient peu à peu l’effervescence desEspagnols , en les éclairant par des débatssolennels sur l’intérêt général de la nation,