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Tome second.
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CH AP. XVII. CAMPAGNE DE 1811 .

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en les rassurant sur l’avenir de la monar-chie et sur mes intentions à son égard. J’endonnai le conseil à Joseph, qui l’adopta;mais la convocation de cette assemblée,soumise à de lentes formalités, ne fut trans-mise aux provinces qu’au milieu de l’annéesuivante, et la bataille de Salamanque larendit illusoire. Cette lenteur ne fut pas lafaute la moins grave de l’administration demon frère ; il ne fallait pas un an pour pro-mulguer un décret avec les instructions né-cessaires à la régularité des élections. Onne saurait affirmer l’effet qu’eût produitune telle assemblée; mais je suis persuadéqu’elle aurait amélioré nos affaires etaccéléréle rapprochement avec les cortès de Cadix ,sur lesquelles nous aurons lieu de revenir.

La situation de Masséna devient plus critique.

En attendant, Masséna, après s’être mor-fondu cinq mois devant les lignes de Tor-res-Vedras, et avoir épuisé tout ce que lapatience, la résignation et l’opiniâtreté pou-vaient lui offrir de ressources, voyait appro-cher le moment critique où il faudrait bat-tre en retraite. Ses troupes n’avaient vécujusque-là que par des prodiges d’industrie,d’activité et de bravoure individuelle ; maiselles avaient ravagé le pays à so lieues à laronde : on ne trouvait plus la moindre res-source ; et les soldats, habitués à ce marau-dage organisé, ne connaissaient plus le freinde la discipline. Ce système d'approvision-nements occupait l’armée, et Wellingtonn’eut pas même l’idée de la troubler uninstant, quoique ses forces eussent étéportées dans le courant de décembre à 40mille Anglais par les renforts venus deSicile , d’Angleterre, de Malte, et à 40 mille

[ij Une relation publiée à Londres , dans un vraistyle de libelle, avoue que Wellington eut 40 milleAnglo-Hanovriens, 4s mille Portugais réglés, et 35mille de milices. Le Tableau de l’Angleterre par

Portugais réglés, indépendamment descorps d’ordonnance qui battaient la campa-gne sur nos derrières [1]. A la vérité, il n’a-vait pas été lui- même sans inquiétude pourses propres approvisionnements ; si ceux deson armée étaient assurés, la nombreusepopulation de Lisbonne , doublée par les émi-grations de la campagne et privée des res-sources du pays, souffrait beaucoup de ladisette, ne pouvant s’alimenter que par mer.L’Angleterre fut obligée d’y pourvoir àgrands frais, et n’y parvint qu’à force d’ac-tivité et d’argent.

L’encombrement des réfugiés derrièreles lignes de Torres-Vedras était si consi-dérable, qu’une épidémie horrible s’y ma-nifesta durant l’hiver, et enleva , à ce qu’onassure, plus de 100 mille individus : résultatdéplorable de la rigueur avec laquelle le géné-ralanglais avait ordonné l’abandon du pays !

Sooll marche sur Radajoz et Olivenza .

Le double motif de seconder Masséna parla rive gauche du Tage et de délivrer lesarmées de Portugal et d’Andalousie du voi-sinage importun de Badajoz , m’avait faitrecommander à Soult de tourner enfin sonattention du côté de la Guadiana ; il y étaittrop intéressé lui-même pour ne pas répa-rer le temps précieux qu’on avait perdu, etdifférer encore à soumettre cette place.

Après avoir augmenté la réserve [2] detous les renforts possibles, il la dirigea avecle corps de Mortier sur Olivenza , laissant àSébastiani le soin d’observer l’armée deMurcie ainsi que la place de Gibraltar, etconfiant à Victor la tâche plus pénible decontinuer le blocus de Cadix , de surveillerTarifa et de garder Séville .

M. de Montverran porte les troupes régulières Anglo-Portugaises à îoo mille, les milices à 50 mille.

[2] L’ancienne division Desselles et la division decavalerie de Latour-Maubourg.

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