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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
Les corps de Ballesteros et de Mendizabal,trop faibles pour tenir tête aux 20 mille hom-mes que Soult conduisait contre eux, s’en-foncèrent dans les montagnes ; le dernierjeta imprudemment 4 mille hommes dansOlivenza , qui manquait de provisions. Soultbrusqua l’attaque de cette place avec le fai-ble attirail de siège qu’il possédait, et enmoins de dix jours, la garnison mit bas lesarmes le 22 janvier. Tous les moyens arrivésdans les entrefaites de Séville furent à l’in-stant dirigés contre Badajoz .
Cette ville était alors, par sa position, laplace d’armes la plus importante du théâtrede la guerre, le principal arsenal des Espa-gnols en Estramadure , et la base de toutesles entreprises des forces combinées au cen-tre de la monarchie ; aussi renfermait-elleune garnison de 10 mille hommes sous lesordres du brave Manecho, déterminé àdéjouer tous les efforts que les Français sedisposaient à diriger contre lui. Mortier futchargé de l’investir ; et on pressa avec unegrande activité l’arrivée de l’énorme attirailindispensable pour en commencer le siège.
Les espagnols veulent secourir la place.
La Romana, qui avait joint Wellingtonsur le Tage , instruit des dangers qui mena-çaient ses lieutenants sur la Guadiana , allaitse mettre en marche pour les secourir,lorsqu’une apoplexie foudroyante l’enleva àCartaxo le 23 janvier. Mendizabal, nommépour lui succéder, s’avança à la tête de10 mille hommes pour délivrer Badajoz .
Soult détruit le corps de secours sur la Gebora.
Dès-lors la position de Soult devint em-barrassante. Tous ses convois de vivres etde munitions venant de Séville à travers le
[J] Badajoz est situé en entier sur la rive gau-che de la Guadiana . Le fort détaché de San-Chris-
pays fourré et inhospitalier de la Sierra-d’Arroche, il se vit forcé de détacher dumonde pour en protéger l’arrivée et pouréclairer ses flancs, en sorte qu’il ne lui res-tait pas 15 mille combattants pour former etcouvrir le siège. Les Espagnols , enhardispar l’arrivée du secours, qui porta leur nom-bre à plus de 20 mille hommes, attaquèrentdans une sortie générale les tranchées surplusieurs points. Après quelques succès, ilsfurent bientôt forcés à rentrer dans la place.La crainte d’épuiser les magasins de la gar-nison, et de se trouver peut-être investi s’ilrestait dans la ville, décida Mendizabal à ensortir, pour camper sur la rive droite de laGuadiana , derrière la Gebora, à 300 toises dufort San-Christoval[i]. AussitôtSouIt conçoitle projet audacieux de passer la Guadiana en deux colonnes dans la nuit du 19 février,d’écraser le flanc droit de l’ennemi, qui seliait au fort, et de faire déborder l’aile op-posée par les 5 mille chevaux du généralLatour-Maubourg. Un plein succès cou-ronna ces dispositions, exécutées avec unensemble malheureusement trop rare. Ladivision Girard assaillit et enfonça la droitedes Espagnols dans les lignes à moitié rui-nées de Berwick ; elle coupa ainsi toute re-traite sur la tête de pont, tandis que Latour-Maubourg déborda la gauche et prit la ligneà revers. Mendizabal s’enfuit à Elvas avecmille hommes seulement ; autant jonchè-rent le champ de bataille; 8 mille environdéposèrent les armes.
I,e gouverneur est tué et la place capitule.
Le gouverneur Manecho ne se laissa pasébranler par ce désastre, et se prépara àimiter l’exemple de Saragosse et de Girone ;mais il fut tué quelques jours après sur le
lovai esl sur la rive droite, ainsi qu’une tête depont.