CHAP. XVII. CAMPAGNE DE 1811.
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position ; déjà le flottement précurseur deia déroute s’introduit. Alors Girard veutessayer de déployer sous la mitraille et leshalles de l’ennemi : ce mouvement ne peuts’opérer que par le flanc, tournant en quel-que sorte le dos au feu concentrique ducanon et de la mousqueterie des Anglais .Notre colonne trop massive éprouve préci-sément le même sort que la fameuse colonneanglo-honovrienne de Fontenoy : les régi-ments se mêlent et ne forment bientôt plusqu’une masse confuse ; la retraite s’exécutealors; et le ruisseau, creusé plus profondé-ment par le passage du matin, offre desdifficultés imprévues qui portent ledésordreau comble. Heureusement Soult dispose àtemps la réserve pour soutenir le combat etarrêter le succès de l’ennemi. Cette circon-stance dégage un instant nos troupes, maisne ramène pas la victoire. Cette brigade ,bientôt entraînée parles débris de Girard,abîmée partiellement par le feu de l’ennemiet découragée par la mort de son chef, legénéral Werlé, bal à son tour en retraite,en conservant toutefois un peu plus d’ordre.L’artillerie française, concentrée sur cepoint, se trouve en première ligne, etsa contenance admirable arrête enfin lesAnglais , en semant à son tour la mort dansleurs rangs. Godinot avait tenu jusque-làdans le village d’Albuera, mais ce n’étaitqu’un point secondaire désormais inutile.Deux heures après l’engagement, la victoireétait décidée, et Soult ramassait ses débrisdans la position d’où il était parti le matin.
Ce combat meurtrier, puisqu’il coûta auxtroupes engagées un tiers des hommes pré-sents, c’est-à-dire une perle de 6 mille hom-mes sur 20 mille combattants, aurait dû déci-der pour toujours la supériorité d’une ligned’infanterie déployée et bien exercée au feu,contre des colonnes trop profondes. Nousdevions en faire encore de plus rudes
épreuves, sans pour cela profiter des leçonsde l’expérience LU.
Après un tel échec, il ne restait à Soultd’autre parti que celui de se rapprocher deSéville , et de rallier à lui tout ce dont ilpourrait disposer. Il vint camper à cet effetà Llerena , après avoir eu encore unemalheureuse échauffourée de cavalerie àUsagre, par une impétuosité mal calculée dugénéral Bron .
.l’ordonne la réunion de Soult et de Marmont.
Les mesures prises par Soult ne pouvaientpas le tirer d’affaire, c’était à moi d’appor-ter des remèdes plus efficaces. A peine fus-je instruit de ces événements, que j’ordon-nai la marche du 9 ° corps formé des qua-trièmes bataillons de l’armée de Soult, etqui avait concouru à soutenir Masséna enPortugal . Ce corps, réduit à 8 mille hom-mes, parvint à gagner le camp de Llerena ,et à remplir les vides causés par cette cam-pagne féconde en événements. Ce n’étaitpas assez : je prescrivis à Marmont, quivenait de succéder à Masséna dans le com-mandement de l’armée de Portugal, demanœuvrer par sa gauche surleTage, demanière à entrer en liaison plus intime avecSoult, et à opérer de concert avec lui poursauver Badajoz .
Wellington, de son côté, bien que rassurépar le succès de Beresford à Albuera , avaitjugé nécessaire de se diriger sur la Gua-diana, à la tête du gros de son armée, enlaissant le général Spencer avec is milleAnglo-Portugais en observation vers Sabu-gal. Cette résolution, motivée sur l’impor-tance de Badajoz et sur la probabilité
[i] Voyez ce qui a été dit à ce sujet au chapitre xiv,bataille d’Essling.