CHAP. XVIII. CAMPAGNE DE 1812.
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CHAPITRE XVIII.
EXPEDITION Ut RUSSIE.
Négociations inutiles avec les cabinets de Pétersbourg et de Londres. Alliance de Napoléon avec la Prusse et l’Autriche- Marche des armées sur le Niémen. Paix de Bucharest entre la Russie et la Porte. Passagedu Niémen; les Français percent le centre des Russes, et n’en tirent aucun parti. Les Russes , repliésd’abord sur Drissa, jugent leur faute et se concentrent à Smolensk. Bataille de Smolensk. Les Russes continuent à se retirer sur Moscou . Opérations sur la Dwina et en Wolhinie. Affaires de Gororteczno etde l’olosk. Bataille de Borodino, ou de la Moscowa. Entrée de Napoléon à Moscou . Incendie de cette ville.Belle marche des Russes sur Taroutin. Négociations inutiles. L’armée française commence la retraite.Affaires de Wiazma, deKrasnoi. Conspiration de Mallet. Désastre de la Bérézina. Napoléon part pour laFrance. Affaires d’Espagne. Wellington détruit le pont retranché sur le Tage à Almaraz, bat Marmont àSalamanque et entre à Madrid. Siège de Burgos. Évacuation de l’Andalousie par nos troupes. Elles seconcentrent en Estramadure. Wellington rentre en Portugal .
La grande entreprise qui allait décider dusort de l’Europe , ou pour mieux dire del’empire du monde, se préparait de part etd’autre au milieu des chants de victoire. Lecanon de la tour de Londres annonçait lessuccès de Wellington à Ciudad-Rodrigo etBadajoz ; les Russes célébraient ceux deKutusof sur le Danube , et nous nous enconsolions par ceux de Suchet à Valence .Les explications continuaient, en attendant,à s’échanger ; mais, loin d’arriver à un résul-tat, elles s’aigrissaient, parce qu’on n’abor-dait que des questions incidentelles.
i.i] Le manuscrit de Fain surtout serait un vraichef-d’œuvre , s’il n’était pas entaché d’une partia-lité inconcevable : cet habile écrivain aurait rem-porté la palme du grand siècle, s’il avait préféré lerôle d’historien à celui de panégyriste. Il aurait puse dispenser aussi de personnalités qui déparent sonbel ouvrage, et mieux choisir les pièces justificativesqu’il a données. Croit-il avoir élevé un monument à
Il serait difficile de présenter des tableauxà la fois plus dramatiques et plus éloquentsde cette campagne que ceux qui ont été tra-cés par deux écrivains célèbres [ 1 ]. Cepen-dant, comme il est indispensable de com-pléter le cadre que je me suis imposé, j’es-quisserai à grands traits les combinaisonsprincipales en les soumettant a des pointsde vue nouveaux.
J’ai déjà exposé une partie des motifsqui nous entraînaient réciproquement àla guerre... De part et d’autre ils étaientimmenses. Ils est donc inexact de dire que
la gloire de Napoléon , en publiant une réprimandeécrile en termes déplacés au gouverneur de Wilnaqui, par excès de zèle, osait dépeindre le véritableétat des affaires? Le gouverneur de Wilna n’a jamaispleuré que le jour où Napoléon et ses Séides l’ontforcé à leur prouver qu’il n’était pas fait pour sup-porter de mauvais traitements.
(Editeurs.)