CHAP. XVIII. CAMPAGNE DE 1812.
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pour remplir cette délicate mission [ 1 ]. Ilreçut le 26 avril l’ordre de partir pour Péters-bourg; le prétexte de son voyage était decommuniquer à l’empereur Alexandre lespièces de la courte négociation avec l’Angle-terre; mais le but était de chercher à péné-trer le mystère de ses derniers procédés, etde voir s’il y aurait moyen d’obtenir de ceprince qu’il demeurât dans les voies du sys-tème continental.
En attendant, mon armée était en marchedepuis deux mois; elle venait de traverseren tous sens le territoire prussien, et pas-sait déjà l’Oder . Il était temps de m’en rap-procher, pour donner la dernière main àmes préparatifs. Je partis pour Dresde , oùje donnai rendez-vous à mon beau-père,au roi de Prusse, et à plusieurs princes al-lemands qui marchaient sous mes ban-nières.
Jamais je n’avais déployé ma supérioritédans une assemblée aussi auguste et aussisolennelle; car, depuis le moyen âge, lesannales des peuples n’avaient point encoreoffert de réunion aussi imposante de sou-verains. Qui eût pu croire que, deux ansaprès, ces mêmes souverains, assemblés aucongrès de Vienne, me mettraient au bandes nations?.
Rien n’avait été oublié pour augmenter lasplendeur de cette réunion. J’y avais amenél’élite des théâtres de Paris ; les fêtes, les
li] Napoléon ne pouvait se faire illusion au pointde croire que M. de Narbonne pût rien faire à Péters-bourg sur les bases indiquées. La question fonda-mentale était de rétablir celles consacrées par letraité de Tilsit; or cela était à peu près impossiblepour les deux partis. Pour que M. de Narbonne >• réussît, il aurait fallu qu’il vint dire : Nous évacue-rons la Prusse, aussitôt que nous aurons signé unnouveau traité. Vous craignezla Pologne , etpour vous
concerts et les spectacles préludaient à lagrande tragédie que nous nous apprêtionsà jouer.
L’histoire recueillera ce que les témoinsoculaires ont raconté de l’ascendant mer-veilleux que j’avais pris sur les princes al-liés à ma fortune, et de la splendeur quema cour déploya pendant son séjour àDresde . Il ne s’agit pas de raconter ici lesfêtes dont on m’obsédait, ni les anecdotesqui constatent ma supériorité; j’ai entreprisd’expliquer mes actions de politique et deguerre, et non des aventures de salons.
Ce que je ne puis passer sous silence,c’est la première entrevue de Marie-Louiseavec son père. Il l’avait envoyée à ma couren victime expiatoire; il la retrouvait rayon-nante de satisfaction, de gloire, hère de mapuissance, assise sur le premier trône del’univers, non sur un trône usurpé, commedes fous le prétendent, mais sur un trôneélevé par mon génie et mou épée.
Animé de sentiments bien différents deceux de son gendre, l’orgueilleux descen-dant des comtes de Hapsbourg aperçoit àpeine les rayons de gloire que je fais rejail-lir sur sa fdle; mais il apprend avec trans-port à Marie-Louise, qu’elle est épouse d’undescendant des princes de Trévise , et qu’ellea pu me donner la main sans déroger!!! Jelui laissai la petite satisfaction de croire lesgénéalogies vraies ou fausses que la cupiditéa déterrées dans de vieux parchemins; bienconvaincu que le Bonaparte qui avait régné
prouver que nous ne la voulons pas, nous allons ren-dre la Galicie à l'Autriche , ou donner tout le Grand-Duché à la Prusse; alors vous rentrerez dans le sys-lème continental modifié sur de nouvelles bases, et, nous trouverons aisément des indemnités pour leduc d’Oldenbourg. Autrement aucun traité n’étaitpossible, et décidcrNapoléon à de telles propositionsl’était encore moins.
( Éditeurs.)