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Tome second.
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CHAP. XVIII. CAMPAGNE DE 1812.

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sement le prince Bagration , qui le fit atta-quer le 23 , n’engagea qu’un de ses corpsd’armée, tandis que l’autre formait unelongue queue à plus d’une marche en ar-rière. Le combat fut des plus vifs. La posi-tion de Davoust, très-forte de front, étaitsusceptible d’être tournée par sa droite.L’ennemi, craignant sans doute de le faireau risque d’exposer par là sa communica-tion, s’opiniâtra à vouloir prendre le tau-reau par les cornes : malgré la valeur destrois généraux qui dirigeaient ses colonnes, ilfut repoussé et perdit beaucoup de monde.Le prince Bagration , découragé par cetéchec, se replia sur Now-Bichow, où, le 26 ,il passa le Borysthène et continua sa mar-che par Mestilaw sur Smolensk . Davoust,trop heureux de s’ètre soutenu à Mohilew,n’osa se jeter seul à la gauche du Borys-thène . II en résulta que les deux arméesrusses ne trouvèrent plus d’obstacles à leurréunion, qui en effet s’opéra le 3 août àSmolensk .

Séjour à Witepsk .

Le mois de juillet avait été extrêmementpluvieux. Mes troupes avaient beaucoupsouffert de ce mauvais temps, pendant leurmarche depuis le Niémen jusqu’à la Dwinaet au Borysthène. La faim et une nourri-ture grossière y avaient propagé de funestesmaladies : nos magasins cheminaient encorepéniblement de Kœnigsberg à Kowno ; lesfarines et moyens de mouture manquaient;les soldats ne trouvaient que du seigle dur,qu’ils s’efforcaient vainement de faire bouil-lir, et qui causait d’horribles dyssenteries.Je fis commander à Paris des moulins àbras portatifs ; mais cette ressource ne de-vait servir que pour la campagne suivanteou pour l’hiver. En attendant, la moitié demes soldats se trouvait dans le même étatque ceux du duc de Brunswick en Cham-

pagne . II était urgent de leur accorder quel-que repos. N’ayant plus d’espoir d’entamerBarclay isolément, je demeurai à Witepsk ,et mon armée, renforcée par la jonction descorps de Davoust, de Poniahmsky et deWesfphalie, prit des cantonnements dontla gauche s’appuya à Sourage sur la Dwina;la droite s’étendit jusqu’à Mohilew sur leBorysthène , avec son avant-garde à Dou-browna.

Opérations sur mes deux ailes.

En ouvrant la campagne, j’avais comptéque les succès au centre entraîneraient laretraite des ailes. Les Russes en jugèrentautrement; ils persistèrent à tenir fermeaux deux extrémités de la ligne; cela étaitnaturel. Riga et les contours de la Baltique sur Reval assuraient la retraite de leurdroite. La gauche, supérieure en Volhinie,avait ses derrières libres jusqu’à Odessa ;elle attendait l’armée entière de Moldavie ,passée sous les ordres de Tschichagof, aprèsque Kufusof l’eut quittée.

Nous avions estimé cette armée au-des-sous de sa force réelle; car elle comptaitprès de 40 mille hommes, et des renseigne-ments inexacts ne la portaient pas à la moi-tié. J’avais fait détacher le corps seul desSaxons pour lui tenir tête, et je me pro-posais de le faire soutenir par les Polonaisaussitôt que Schwartzenberg aurait rejointmon armée. Les Polonais, après avoir se-condé Davoust dans la poursuite de Bagra-tion , seraient rentrés en Volhinie parMozyr, et menaçant la retraite de Tormas-sof avec une armée renforcée par toute l’in-surrection de la province, eussent délivréaisément notre droite de tout ce qui pou-vait l’inquiéter.

Le retard de Schwartzenberg et les évé-nements qui se pressaient au centre ne per-mirent pas d’exécuter celte résolution; et