CHAP. XVIII. CAMPAGNE DE 1812.
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scrupules du divan, qui avait d’abord hésitéde ratifier le traité. Le sultan trompé s’ydécida enfin, le 14 juillet. Revenu plus tardde son erreur, il fit décapiter le visir infi-dèle, ainsi que les Moruzzi : mais le maln’en était pas moins irréparable pour nous.
D’un autre côté, je reçus la copie dutraité signé, le n mars, entre la Russie etla Suède ! On l’avait tenu dans le plus grandsecret et pour cause, puisque deux moisaprès sa signature (le 29 mai), Rernadoltemarchandait encore son alliance avec moipour faire la guerre à la Russie Vers lamême époque, la Russie avait signé à Ore-bro(i8 juillet) un traité d’alliance et de subsi-des avec l’Angleterre : elle en reçut dix-lmitmillions ; et comme l’invasion des Français menace la flotte russe, si on la laisse prendredans les glaces du golfe, on avait stipuléqu’elle serait remise en dépôt dans les portsde la Grande-Bretagne.
Discussion à Witcpsk sur nos projets ultérieurs.
L’empereur Alexandre se rend à Abo enFinlande pour y conférer avec Bernadotte sur les conditions d’une alliance plus intime.
L’influence de ces événements désastreuxse faisait déjà sentir. Les Russes refluaientdes confins de la Moldavie sur la Volhinie,et la petite armée de Finlande attendue àRiga devait y assurer la supériorité de l’en-nemi. Enfin l’empereur de Russie est arrivéà Moscou , où il excite son peuple à se leveren masse. Toutes ces circonstances sont denature à me faire sentir plus vivement lanécessité d’un prompt dénouement. Leurgravité me décide à appeler quelques-uns demes généraux à une espèce de conseil, oùles opinions de tous sont consultées. DepuisCastiglione, cela ne m’était pas arrivé : carà Essling mes discussions avec Masséna etDavoust furent plutôt un développement demes idées qu’un conseil ; je n’avais jamais11.
repoussé des avis individuels; mais si j’ad-mettais des controverses sur des hypothè-ses, je n’aimais pas à en établir sur mesprojets. Je ne tirai pas grand fruit de cesdébats. Les uns veulent s’arrêter sur laDwina et le Borysthène; les autres pensentqu’il est plus sage de continuer les opéra-tions, et je partage leur avis. Prendre uneposition défensive derrière deux rivièresque les gelées feront bientôt disparaître,n’est pas un genre de guerre qui convienneà mon armée, surtout dans un pays où ilest si difficile de cantonner, et avec des trou-pes légères qui ne nous laissent aucunrepos. Il faut conquérir la paix ; c’est laseule issue favorable que nous puissionsespérer, et nous ne pouvons l’obtenir qu’àMoscou . Dans tout état de cause, ce n’estqu’après avoir soumis Smolensk que nouspouvons songer à prendre un parti ; or, lesforces ennemies s’y trouvent réunies, et ilfaut marcher à elles. S’il reste encore quel-que incertitude sur ce que nous avons àfaire, l’ennemi se charge lui-méme de la lever.
Barclay paraît vouloir prendre l’offensive.
La jonction des armées russes près deSmolensk a encouragé Barclay à un mouve-ment offensif : l’ennemi connaît l’extensionde nos cantonnements; quelques générauxhardis se flattent d’en profiter, en tombantpar Roudnia au milieu de nos lignes un peularges. Le projet n’était pas sans mérite; ilfut mal exécuté. Sorties de Smolensk le 7août, les deux armées auraient pu être entrois marches à Roudnia; mais, au lieu denous aborder franchement, elles s’amusè-rent plusieurs jours à des marches et con-tre-marches sans but entre Roudnia et Smo-lensk.Cependant une forte avant-garde de 10mille hommes a déjà surpris notre cavalerieprès d’Inkowo. Sébastiani ne parvient à setirer de ce mauvais pas que par une con-
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