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Tome second.
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NAPOLÉON Aü TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

tenance ferme et une retraite bien ordonnée.D’ailleurs les Russes n’entreprirent rien desérieux. Ce fut au reste un bonheur poureux; car un succès partiel aurait pu lesentraîner à une bataille de même qu’à Fried-land, et c’eût été le comble de mes vœux.

Je me dirige sur Smolensk pour gagner la gauche desRusses .

L’occasion me paraissant revenue de leurporter un coup décisif, je profite de leurlenteur pour faire serrer toute mon arméesur sa droite Le n août, je lui fais passerle Borysthène à Rasassna et à Khomino,el je la dirige sur Krasnoï. Les corps quiavaient cantonné à Orcha et à Mohilow pas-sèrent le fleuve dans ces deux endroits, etmarchèrent aussi sur Krasnoï. Mon inten-tion était de me porter vivement sur Smo-lensk , de m’emparer de ce point importantque je supposais dégarni, et de prendre àrevers ou en queue l’ennemi qui osait venirme menacer à Roudnia. Les armées russes ,ainsi tournées par leur gauche, se seraienttrouvées bien compromises, coupées deMoscou et refoulées sur la basse Dwina.C’était la troisième grande manœuvre de lacampagne; ce fut la derrière de notre côté.

Un détachement de 8 à 9 mille hommesque les Russes avaient laissé en observa-tion sur la rive gauche du Borysthène , futdébusqué de Krasnoï par mon avant-garde,et se mit en retraite sur Smolensk , talonnépar ma nombreuse cavalerie. Cependant cesbraves gens, entourés de toutes parts, nese laissèrent pas déconcerter, et regagnè-rent Smolensk sans avoir été sérieusemententamés, mais en abandonnant près demille morts, une partie de leur canon etbeaucoup de blessés.

Batailles sous Smolensk .

La ville de Smolensk , située en amphi-

théâtre sur les deux berges du Dniéper ,présente un paysage riant; son enceinte quipourrait contenir so mille âmes, et n’en ren-ferme pas 20 mille, est entourée d’un muren briques d’une épaisseur extraordinaire,et flanquée de tours rondes et carrées. Lacitadelle, qui forme un pentagone régulier,est le côté faible ; car les parapets non revê-tus sont à moitié éboulés, et forment untalus accessible : l’enceinte de la ville, aucontraire, entourée d’un mur de 25 pieds dehauteur et de 15 pieds d’épaisseur entre lestours, était presque inattaquable avec lecanon de campagne, et à l’abri de l’escalade.La partie faible de cette enceinte consistaitdans ces mêmes tours qui n’avaient que troisà quatre pieds d’épaisseur, et qu’on auraitpu battre en brèche avec des pièces dedouze. A quelques toises de la place se trou-vent des ravins profonds, sillonnés par leseaux. Les Russes eurent le bon esprit des’attacher d’abord à la défense de ces ra-vins plutôt qu’à celle de la citadelle, et ilss’en acquittèrent fort bien. Les générauxRayewski et Paskiewicz défendaient laplace avec 20 mille hommes.

Le 16 au matin, Ney, à la tête de monavant-garde, arriva devant Smolensk . Je lesuivais de près ; dès que j’eus reconnu lecôté faible, je le fis courir à l’assaut. Sescolonnes s’élancèrent avec une rare intré-pidité l’arme au bras; les ennemis les reçu-rent avec un sang-froid admirable. Deuxfois les braves de Ney pénétrèrent jusquesur le talus de la contrescarpe de la cita-delle : deux fois, faute de soutien, ils en fu-rent expulsés par les réserves que Rayewskiet Paskiew'icz firent donner à propos.La résistance qu’ils nous opposèrent donnale temps aux deux armées russes d’accourirà leur secours vers midi. Mes corps arri-vaient aussi successivement, et à la nuit tom-bante nous eûmes près deiso mille hommes