CH AP. XVIII. CAMPAGNE DE 1812.
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bivouaques sous les murs de Stnolensk.N’ayant pu surprendre cette ville, j’eus l’en-vie de la tourner. Je chargeai le généralGuiileminot de reconnaître un passage au-dessus , afin de jeter un pont et de couperl’ennemi de la route de Moscou . Junot avecles Wesfphaliens devait prendre cette direc-tion : ce général s’étant égaré, n’arriva pas.Dans l’intervalle, le combat s’était engagésérieusement sous Smolensk même ; et pournotre malheur on ne donna aucune suite à ceprojet. Peut-être eût-il étédifficile de forcerle passage, à cause du voisinage de l’arméede Bagration qui couvrait la route de Mos-cou : cependant l’opération étant la plus con-venable de toutes, il fallait la tenter.
La journée du 17 fut chaude. Les géné-raux russes , s’étant déployés sur la hau-teur de la rive droite du Borysthène ,envoyèrent en ville un corps frais de 30 millehommes pour relever celui de Rayewski.J’avais pensé qu’ils déboucheraient pour melivrer bataille, et je m’étais préparé à lesrecevoir; mais voyant qu’ils n’étaient pasd’humeur à prendre le rôle d’agresseurs,•j’ordonnai l’attaque : Ney, à notre gauche,l’exécuta du côté de la citadelle ; Ponia-towski, à la droite, en amont du Dniéper ;Davoust, au centre sur les faubourgs deRoslaw. L’attaque des extrémités, exposéeau feu de cent pièces de canon que l’ennemiavait placées le long du Dniéper , offrit desdifficultés. Toutefois Poniatowski, protégépar nos contrebatteries, réussit à arriverjusqu’au pied d’une brèche pratiquée dansla muraille, et Ney fut de nouveau sur lepoint de pénétrer dans la citadelle. Aucentre , nous parvînmes, après un combatfurieux, à délogerDoctorof des faubourgs;mais tous les efforts de nos braves se bri-sèrent inutilement contre le corps de laplace que l’ennemi défendit avec opiniâtreté.Je fis établir toute ma réserve d’artillerie
pour battre en brèche la courtine, tentativeinutile; nos boulets se perdaient dans cesimmenses murs de briques sans faire aucuneffet. Il n’y aurait eu qu’un moyen de pra-tiquer une brèche, c’eut été de concentrernotre feu sur deux des tours rondes ; maisnous ignorions la différence d’épaisseur deleurs murailles.
ISarelay évacue la ville.
Cependant nos obus ayant mis le feu à laville construite en partie en bois, et l’ennemiayant essuyé des pertes considérables ens’obstinant à combattre au-dehors, Barclayprit le parti d’évacuer dans la unit, en lais-sant à Korf le soin de couvrir la retraite ;ce qu’il fit en propageant l’incendie que nosobus avaient allumé.
Coup-d’œil sur la position des affaires.
Notre entrée à Smolensk se fit sous deplus sinistres présages encore que celle deWilna, malgré les orages destructeurs dontcelle-ci fut accompagnée. Toute l’arméecroyait trouver ici le terme de sa course:elle se flattait du moins d’entrer dans unpays fertile, et d’y jouir de quelque repos.Les grandes entreprises hasardeuses frap-pent le vulgaire en sens divers. Mes trou-pes , étonnées de faire tant de marches pé-nibles et meurtrières, et de voir reculerconstamment le fruit de leurs efforts et deleurs sacrifices, commençaient à porter desregards inquiets sur les distances qui lesséparaient de la France . J’avais laissé entre-voir l’intenlion de m’arrêter ici, et la chosedevenant impossible, il était naturel qu’ilen résultât quelque découragement.
Cette cité, que les Russes offraient à lacrédulité des peuples comme le palladiumde l’empire , et vers laquelle se tournaienttoutes mes espérances, n’offrait déjà plusqu’un vaste bûcher parsemé de morts et de