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Tome second.
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CHAP. XVIII. CAMPAGNE DE 1812.

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bord la direction de Doukowtschina. Noscolonnes de gauche reconnurent une divi-sion d’infanterie en position intermédiaireprès de la Stabna. Ney ordonna aussitôt del’attaquer. Ce fut un malheur ; s’il eût mar-ché droit à Loubino sur le chemin de Mos-cou , nous y arrivions eu même temps queles Russes , engagés dans leur large mouve-ment de flanc.

Barclay avait jugé le péril de sa manœu-vre, et au moment où ses colonnes s’ébran-laient, il s’était ravisé, en ordonnant au gé-néral Touczkoff de marcher, avec une divi-sion d’infanterie, en toute hâte au secoursdes Cosaques qui couvraient la route deMoscou ; il plaça le prince Eugène de Wur-temberg à Gredeonowo, pour flanquer lamarche de la colonne la plus rapprochée,et donner à l’arrière-garde de Korf, qui setrouvait encore sur le chemin de Péters-bourg, le temps de gagner Gorbounovo, etensuite Loubino. La première colonne del’armée, sous les ordres de Baggavout, dutse rabattre par des traverses sur le mêmepoint. Ce fut cette division du prince Eu-gène que Ney rencontra d’abord et qu’il fitattaquer vigoureusement. Elle était sur lepoint de succomber sous nos efforts réitérés,lorsqu’une vingtaine d’escadrons vinrent ladégager. Renforcée encore par une partiede la colonne de Korf, elle réussit à gagnerGorbounovo, après nous avoir fait perdrede vue pendant trois heures le point plusimportant de la route de Moscou . Ney la fitpoursuivre, et l’arrière-garde de Korf, at-teinte à son tour, perdit cinq à six centsprisonniers et du canon ; elle fut dégagéepar Potemkin, qui arriva à propos poursauver la queue de ses colonnes.

Bataille de Voloutina.

Cependant Touczkof avait eu le tempsd’atteindre les hauteurs de Voloutina et de

s’y réunir aux Cosaques de Karpof. Ney,que le combat de Stabna et de Gedeonowoavait entraîné trop à gauche, reçut un peutard l’ordre de se rabattre sur la droite etarriva en présence. Un furieux combats’engagea vers Kosina ; je m’y attendais sipeu, qu’après avoir eu l’idée de lancer Da-voust au soutien de Murat et de Ney, je m’é-tais décidé à l’arrêter moi-même autour deSmolensk , où je rentrai aussitôt que la re-traite du prince de Wurtemberg et deKorf fut prononcée.

Ney, resté seul, pressa néanmoins Toucz-kof avec vigueur; mais celui-ci défendit leterrain pied à pied jusque derrière le ruis-seau de Strachan, où le corps d’armée deson frère LU et la cavalerie d’Orlof-Denisofvinrent le renforcer. Les Russes sentaientqu’il y allait du salut de l’armée, s’ils per-daient ce poste qui couvrait le ralliement deleurs colonnes, encore occupées à leur mou-vement circulaire ; ils se battirent en déses-pérés. Une heure plus tôt et avec quelquesdivisions de plus, Ney eût coupé l’ennemien deux et décidé le succès de la campagne.C’était, la dernière fois qu’un tel avantagedevait se présenter.

Loin de m’attendre à un combat si sé-rieux, j’étais rentré, comme je l’ai dit, àSmolensk , tandis que Barclay, au contraire,faisait revenir ses 3 ° et 4 ° corps d’infanteriesur leurs pas, et les soutenait parle r or corpsde cavalerie.

Ney fit tout ce qu’on pouvait attendre deson héroïsme dans une circonstance pareille,et les deux partis n’eurent qu’à s’enorgueil-lir réciproquement du courage qu’ils dé-ployèrent dans cette affaire.

Murat, gêné à droite et à gauche par des

[i] Le lieutenant-général Touczkof commandait le5 e corps d’armée; son frère, qui commandait l’ar-rière-garde, était général-major.