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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

marais et des bois, ne put faire manœuvrersa cavalerie, dont Orlof-Denisof refoula àplusieurs reprises la tête, à mesure qu’ellevoulait déboucher en avant de Latichino,contre la gauche des Russes . Il faut l’a-vouer, Orlof-Denisof déploya dans cette lutteautant d’aplomb que le roi de Naples avaitmontré jusque-là d’activité et de bravoure.

Espérant être plus heureux à l’aide destroupes de Junot, Murat se rendit près delui pour le stimuler, et chargea avec sonavant-garde, puis retourna à sa réserve:mais Junot n’en bougea pas d’avantage, soitqu’d fut intimidé par sa position un peu déli-cate au milieu pour ainsi dire des colonnesennemies, soit qu’il eût perdu la tête, ilresta blotti entre les bois et le Dniéper , àdeux portées de canon de l’ennemi, dont ildébordait la gauche.

Cependant, au bruit de l’effrayante ca-nonnade qui se faisait entendre, la divi-sion Gudin, du corps de Davoust, avait étéenvoyée au secours de Ney ; elle arriva verscinq heures, et le maréchal renouvela aussi-tôt ses efforts pour s’emparer des hauteursdeKosina. L’ennemi fut renversé, son cen-tre enfoncé, et la ligne entière était sur lepoint d’être jetée dans le ruisseau bourbeuxde Samile, lorsque Konownitzin, arrivantavec une division d’infanterie, soutenue deplusieurs bataillons de grenadiers, et de 3mille chevaux, rétablit le combat.

Le général Gudin ayant été tué par uncoup de canon, la division fut repousséemalgré des prodiges de valeur.

A l’entrée de la nuit, le corps de batailledes Russes fut enfin rejoint par les colon-nes de Baggavouth et de Korf, qui ignoraitcette circonstance, s’obstina à emporter leurposition, et lança de nouveau ses colonnessur eux, vers les huit heures, en portantcette fois son effort contre leur droite. Ladivision Gudin franchit le Stachan et cou-

ronne les hauteurs; mais comme elle donneau milieu d’une armée entière, elle est denouveau ramenée, malgré les plus glorieuxefforts. La nuit sépara les deux partis, quise disputèrent l’honneur de ce vaste champde carnage, jonché de 12 à 13 mille tués oublessés dont chacun pouvait revendiquer unepart à peu près égale : échauffourée déplo-rable, sans aucune utilité pour nous, et dontla mort de Gudin augmenta les regrets. Cebrave et habile général, qui aurait eu depuislongtemps le bâton de maréchal, si on avaitpu le donner à tous ceux qui en étaientdignes, périt victime de la fatalité qui pré-sida à toute cette journée. Il serait injustede m’en faire un reproche, car l’affaire eutlieu contre mon attente et contre toutes lesprobabilités. Cependant, malgré la faussedirection de nos premiers mouvements, nouseussions obtenu de grands résultats, si Junotse fût vigoureusement engagé. La mollessequ’il montra était d’autant plus extraordi-naire qu’il n’avait jamais pêché que par l’ex-cès contraire : on est fondé à croire quec’était le prélude de l’aliénation mentaledont il fut frappé après la retraite, car ilmontra dès lors un caractère bizarre etinégal: il n’avait jamais eu immérité trans-cendant, mais il avait pourtant quelquesmoyens et par-dessus tout beaucoup d’é-nergie.

Murat ne fut pas à l’abri de tout reproche :sa cavalerie aurait pu agir avec plus devigueur contre les Cosaques de Karpof etla petite arrière-garde de Touzckof; nouseûmes tort de n’en pas lancer une partieavec Junot sur Proudichewo dans la nuitdu 18.

Je vole trop tard à l oloutina.

Instruit à minuit, par le retour de monaide-de-camp Gourgaud, de la bataille ran-gée que nous venions de livrer à mon insu,