CHAP. XVIII. CAMPAGNE DE 1812 .
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et invoquent le secours divin pour sauverla patrie. Nous rappelons nos hommes dé-tachés, nous serrons nos masses, disposonsnos armes et nos parcs d’artillerie.Les forcesnumériques étaient à peu près égales, en-viron 125 à 130 mille hommes de chaquecôté, mais nous avions 15 mille vétérans pourun pareil nombre de milices ou de Cosa-ques . En échange, l’ennemi allait combattrepour la conservation d’une cité qu’il re-gardait comme sacrée, et sur un terrainqu’il connaissait mieux que moi, et qu’ilfortifiait à la hâte par plusieurs ouvrages.Trois flèches couvraient la gauche versSemenofskoë; une grande redoute bastion-née fut tracée au centre sur la hauteur,entre ce village et Borodino; enfin plusieursredans couvraient la droite jusque vers laMoscowa : on n’avait pas encore eu le tempsde les palissader.
La bataille eût lieu le 7 ; j’en ai livrébeaucoup dans ma vie, je n’en ai jamais vnd’aussi terrible : elle devait être extraordi-naire sous tous les rapports, par la naturede l’entreprise qu’elle devait terminer, parla grandeur des intérêts qui y étaient atta-chés, enfin par les circonstances singuliè-res qui signalèrent le choc de ces massessur un espace si rétréci.
Première position des Russes .
La position de l’ennemi, telle que je l’avaisreconnue, était la suivante : Barclay, avectrois corps d’infanterie et un de cavalerie,formait la droite depuis la grande redoutebastionnée jusqu’à la Moscowa 5 elle étaitcoupée en deux par le ravin de Gorki ;Bagration , avec les T et 8 e corps, formait lagauche depuis la grande redoute jusqu’aubois taillis, entre Semenofskoë et Oustiza.
Ses défauts.
Cette position était défectueuse : on en
attribue la faute an général Benningsen quiremplissait les fonctions de chef d’état-ma-jor : il avait porté toute son attention sur ladroite que je n’avais ni intérêt ni envied’attaquer. La gauche au contraire n’étaitpassi bien établie, quoique couverte de troisflèches ; il y avait entre celles-ci et le vil-lage d’Oustiza, où passe la vieille route deMoscou , un intervalle de 500 toises, garniseulement de quelques chasseurs.
Projet quelle m'inspire.
Si les choses étaient restées dans l’état oùje les avais reconnues, on ne peut calculerquel en eût été le résultat. Mais il paraîtque, dans la soirée , les généraux russes firent porter le corps entier de Touczkofpour prolonger la gauche jusqu’au villaged’Oustiza, sur l’ancienne roule de Smolensk à Moscou ; mais nous n’aperçûmes que sesavant-postes. Mes dispositions furent bientôtarrêtées : je résolus de gagner la vieilleroute de Moscou par mon extrême droitesousPoniafowski, de faire accablerla gauchedes Russes par Davoust et Ney, et de refou-ler ainsi leur centre et leur droite dans laMoscowa, tandis que le vice-roi contien-drait cette partie de l’armée ennemie : c’é-tait à peu près la même disposition de nosmasses qu’à Friedland; avec la différenceque, dans cette première bataille, la rivièrese trouvait à dos de l’ennemi, tandis qu’àBorodino , il avait derrière lui un terrainfavorable à la retraite, et que l’obstacle setrouvait à l’extrême droite.
Malheureusement tout ce que j’avais com-biné ne put s’exécuter comme je le dési-rais ; et l’ennemi modifia à temps ses dis-positions. D’un autre côté, je changeai aussid’avis sur la destination primitive du vice-roi, auquel je réservai une coopération plusactive, en le chargeant d’attaquer le centrede l’ennemi, tout en couvrant par sa gauche