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NAPOLEON AU TRIBUNAL DE CESAR, ETC.
tes de Junot à Mojaisk , et suivrait mon ar-mée lorsqu’il en serait temps.
Quoique déterminé à suivre la route deBorowsk, j’exécutai la première marchesur la vieille route de Kalouga , dans l’in-tention de donner le change aux Russes , etde recueillir le roi de Naples. Le 20, le vice-roi, qui faisait mon avant-garde, tourna àdroite, et alla gagner à Bykassowo la routede Borowsk sur Molojaroslawetz, qui, le 23au soir, fut occupé par un détachement destroupes du vice-roi.
J'étais fortimpatient d’arriver à Borowsk;c’est là où je devais apprendre si Koutousofavait eu vent de notre départ, et s’il se met-tait en mesure de nous barrer le chemin deKalouga . C’est encore là que Murat devaitme joindre, et d’où je me proposais de pous-ser Eugène sur la direction de Malojaros-lawetz. Toute la question de notre avenirdépendait de la possibilité d’atteindre cepoint avant Koutousof; et, s’il n’avait pasl’éveil sur notre départ, la chose n’était pasimpossible, bien que nous eussions déjàconsumé trois jours à des mouvements in-signifiants pour ne faire que dix lieues. Jepars donc, le 23, au galop pour Borowskqu’Eugène occupe depuis la veille, et oùMurat arrive de son côté. On n’a rien aperçude l’ennemi, que des coureurs qui se tien-nent en assez grand nombre sur la gauche.Eugène reçoit l’ordre de marcher sur Malo-jaroslawetz, et de faire occuper cette villepar son avant-garde le plus tôt possible.Tout porte à croire que nous prendronssans obstacle la route toute neuve de Smo-lensk par Elnia (Jelnia). Je prescris à Bel-lune d’y envoyer au-devant de nous la divi-sion Baraguay-d’Hilliers, forte de 10 millehommes de régiments provisoires, ou re-crues destinées aux différents régiments.J’ordonne au gouverneur de Viazma defaire marcher une colonne mobile de 3 à 4
mille hommes, avec les estafettes, sur la di-rection de cette nouvelle route.
Eugène ne partage pas ma confiance; lespartis nombreux qui augmentent sur lagauche dénotent un mouvement importantde l’ennemi. J’apprends à Borowsk queMortier a suivi mes ordres, et que iso mil-liers de poudre, comprimés dans les minesdu Kremlin, en ont fait sauter une partie,et principalement l’arsenal. Il a pris, le23,le chemin de Mojaisk , emmenant le généralWintzingerode qui s’est aventuré seul avecson aide-de-camp dans les rues de Moscou .
Je ne pouvais me persuader que Koutou-sof débouchât à temps sur Borowsk : maisEugène, toujours préoccupé de la présencede l’ennemi sur la gauche, n’avança qu’àtâtons, non qu’il craignit de s’engager, maisparce qu’il croyait que je risquais d’être at-taqué à Borowsk, ce qui l’aurait forcé àrevenir sur ses pas pour prendre part àl’affaire.
tvéneraent fortuit qui détruit mon projet.
En effet, un de ces événements fortuitsqui se sont réunis dans cette campagne pourtraverser tous mes desseins, se passait dansl’armée ennemie. Koutousof, instruit dela marche d’Eugène sur Borowsk, mais nesupposant point encore notre projet de re-traite, avait cru pouvoir tenter un coup demain sur le 4 e corps, comme il l’avait exé-cuté sur Murat. Doctorof, considérable-ment renforcé, fut chargé, à la tète de ses25 mille combattants, d’enlever les s à 10mille hommes qu’on supposait aventurés àBorowsk. Ce général s’approchait à cet effetde cette ville, où il venait donner du nezcontre toute notre armée. Le partisan Ses-lavin, ayant eu vent de mon approche, eninstruit Doctorof, qui ne veut pas y croire.Le hardi Cosaque , piqué au vif, court jus-qu’aux portes de Borowsk même, où il