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Tome second.
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CHAP. XVIII. CAMPAGNE DE 1812 .

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enlève un officier de la jeune garde, qui con-firme ses rapports. Le chef d’état-major deDoctorof vole à Taroutino annoncer à Kou-tousof que j’ai quitté Moscou , et que toutemon armée se dirige sur le chemin de Ka-louga : en même temps le corps d’armée quidevait surprendre Borowsk se dirige surMalojaroslawetz. Cet incident fortuit eut lesplus graves conséquences, puisque l’arméerusse, qui sans cela fût restée paisiblementà Taroutina, leva le camp le 24, et se diri-gea de même sur Malojaroslawetz. Le 25au matin, Doctorof atteignit cette ville, enexpulsa notre détachement; mais le vice-roi , arrivé avec tout son corps, rentre dansla ville. Un combat opiniâtre s’engage etdure toute la journée. Le vice-roi se sou-tint avec gloire contre un ennemi supérieur.Les corps russes qui arrivaient successive-ment renforçaient continuellement ces trou-pes engagées. Jusqu’à sept fois, la ville enfeu fut prise et reprise ; mais ses décom-bres restèrent définitivement entre les mainsdu vice-roi ; nous y perdîmes le brave Del-zons; Pino et deux aides-de camp d’Eugènefurent blessés. Vers le soir, mon arméearriva aussi près de Malojaroslawetz. Da-voust fit soutenir Eugène par deux divi-sions, qui s’établirent sur les flancs du 4 °corps et lui permirent de se maintenir.

Je renonce trop légèrement à mon projet.

Nous étions maîtres de cette ville, ou,pour mieux dire, de ce bûcher rempli demorts; cependant je n’en étais guère plusavancé. Koutousof, ayant pris position àquelque distance de là, me barrait encorele passage. Pour le forcer, il aurait fallu li-vrer bataille à une armée déjà établie surla communication que je désirais m’ouvrir;or livrer une bataille pour opérer ensuiteune retraite latérale à la ligne ennemie, meparut un parti d’autant moins prudent, qu’il

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n’était pas indispensable, ayant le cheminde Wereya derrière nous. La chance meparaissant trop hasardeuse, je renonçai auprojet de percer sur Kalouga , et me déci-dai à regagner la route de Wiazma, l’uni-que voie qui me restât encore.

Les deux armées passèrent la journéedu 25 dans une position réciproquementmenaçante, et presqu’à portée de canonl’une de l’autre. Mais, dès le 26, je repris lechemin de Borowsk.

Tout dans cette retraite devait porterun cachet particulier de bizarrerie ; car aumoment oû je renonçais à percer, Koutou-sof décidait, de son côté, de ne point ha-sarder une bataille générale, et ordonnaitun mouvement rétrograde. Bien que j’enfusse prévenu de bonne heure, je persistaidans ma résolution, et ce fut une faute dé-cisive : il était de mon intérêt de ne pas re-noncer, sans de graves motifs, à un mou-vement qui devait faire tout mon espoir desalut. J’avais consulté mes officiers ; tous,jusqu’au stoïque Mouton , furent d’avis qu’ilfallait regagner le Niémen par le chemin leplus court et le moins disputé. Ainsi, aulieu de prendre le chemin direct de Médynet de Joucknow sur Elnia, en culbutant lecorps de cavalerie qui le barrait encore, jerevins par Wereya sur Mojaisk . Dès lorsla retraite s’annonçait sous de plus sinistresprésages, comme il est aisé de s’en con-vaincre par l’examen de la situation respec-tive des partis.

Chances funestes de cette retraite.

L’armée russe, revenue à Taroutina avec60 mille vieux soldats et 20 mille hommes detroupes irrégulières, y avait reçu des re-crues et des réserves : elle sortait de cecamp avec 90 mille soldats réguliers et 30mille miliciens ou Cosaques ; 22 pulks de cesderniers seuls avaient joint l’armée. Cette

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