NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
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cavalerie, peu propre aux batailles, est in-telligente, infatigable, entreprenante. Il n’ya pas de chevaux européens, ni même rus-ses, qui puissent lutter avec ceux du Donpour la fatigue et les privations : dans lasituation où nous nous trouvions, cette mi-lice était plus utile à l’ennemi que les régi-ments d’élite de sa garde.
Notre retraite devait se faire sur uneseule route; l’armée ennemie, déjà placéesur nos flancs, avait un chemin qui menaitobliquement à Wiazma, à Smolensk , àKrasnoï et à Kopys, plus vite que celui quenous suivions. Nul doute dès lors que nousne fussions exposés à être vivement harce-lés et même sérieusement attaqués. C’étaitavec une cavalerie exténuée, réduite à 15mille chevaux, qui n’en comptèrent pasmême 5 mille au bout de quinze jours, qu’ilfallait éclairer notre marche, protéger nosflancs et nos parcs immenses.
Mon infanterie comptait encore 60 à 65mille braves; mais que pouvaient-ils contreun ennemi qui, par la direction latérale desa ligne d’opérations, serait maître d’atta-quer partiellement les corps de la tête oude la queue, et qui combattrait avec unearmée qui s’exalterait à mesure que notreposition deviendrait plus critique? Si nouseussions pris la roule d’Elnia, l’ennemi nenous eut suivis qu’en queue; nous n’eus-sions été exposés à aucune de ces attaquesparallèles à notre ligne de retraite, qui pou-vaient chaque jour compromettre notre sort.
Remonté sur la grande route de Smo-lensk , je continuai à la suivre. Il ne s’agis-sait plus pour nous que d’échapper et detraverser aussi promptement que possibleune contrée ruinée. Pour alléger la marcheet éviter l’encombrement, je partageai monarmée en quatre corps, qui se suivaient àenviron une demi-journée de distance. J’ou-vrais la marche avec mes gardes ; puis ve-
naient successivement les corps de Ney, duvice-roi et de Davoust. Ce dernier formaitl’arrière-garde.
Koutousof lança à notre poursuite ses Co-saques et une avant-garde de 25 mille hom-mes aux ordres du général Miloradowitsch ,qui atteignit notre arrière-garde le i or no-vembre, près de Gjath. Le gros de l’arméerusse se dirigea droit sur Wiazma, mar-quant ainsi l'intention de nous prévenirdans cette ville et de nous couper la retraite.
Cependant nous réussîmes à arriver àWiazma avant les Russes . Je dépassai cetteville avec mes gardes; mais j’ordonnai àNey d’y demeurer pour recueillir les corpsdu vice-roi et de Davoust, qui auraient puêtre coupés, si nous avions dégarni cepoint. L’événement justifia la nécessité deces mesures.
liataille do Wiazma.
Le 3 novembre, Miloradowitsch exécutatrès-habilement une marche forcée, en cô-toyant la grande route, et vint débouchersur cette route entre Wiazma et Federows-koë. Le vice-roi était déjà près de Wiazma,mais Davoust n’avait point encore dépasséFederowskoë. La circonstance était criti-que; le vice-roi répara tout par la vigueurde sa résolution. Il revint sur ses pas etassaillit les Russes , qui, pressés d’un autrecôté par les troupes de Davoust, furent obli-gés de décamper à la hâte, et d’ouvrir lepassage à ces dernières. Mes deux corps sereplièrent alors sur Wiazma, vivement ta-lonnés par les Russes , qui avaient reçu durenfort, et qui, redoublant d’énergie ennous voyant en retraite, emportèrent laville de Wiazma sur notre arrière-garde,et la repoussèrent au delà de la rivière dece nom. Cette affaire, que nous pouvonsappeler une victoire, puisque l’ennemi futrepoussé et déjoué, nous coûta environ s