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NOPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
ciergerie, y délivre le général Lahorie, an-cien aide-de-camp de Moreau; celui-ci, avecun détachement d’une centaine d’hommes,court chez le ministre de Savary, l’arrête,l’envoie en prison à sa place, et s’installe àla sienne au ministère.
Mallet se transporte, de son côté, chezle général Hullin, commandant de Paris ,qu’il espère aussi remplacer. Le trouvantplus disposé à la résistance, il lui tire uncoup de pistolet et le blesse ; mais le colo-nel Laborde, l’ayant reconnu pour unéchappé de prison, arrive au secours ducommandant, saisit Mallet au corps, lutteavec lui, et donne le temps à la garde des’assurer de sa personne. Les troupes éga-rées, revenues de leur erreur, sont dirigéesensuite à la police, où Lahorie croyait sonpouvoir si bien établi, qu’il se faisait pren-dre la mesure d’un habit de ministre, lors-qu’on vient le prier de retourner à la Con-ciergerie.
Le sénat, assemblé par l’archichancelier,ne se réunit que pour apprendre l’arresta-tion de ces extravagants, qui, traduits de-vant une commission militaire, reçurent leprix dû à leur bizarre et téméraire tentative.
Ce mouvement, calculé sur l’effet du fauxbruit de ma mort et sur les rêves de deuxcerveaux exaltés, aurait eu peut-être toutautre résultat, si les conspirateurs avaientattendu quelques jours, et que l’on eût pusavoir à Paris la nouvelle de notre désas-treuse retraite. Il me dévoila au reste toutce que ma position avait de critique au fonddes marais de la Lithuanie ; car, par uneparticularité non moins singulière que laconspiration elle-même, on y vit deux répu-blicains exaltés s’associer à un abbé, agentdu parti royaliste. Toutefois, l’attitude dela France avait été si calme au bruit de cetteentreprise, qu’il y avait de quoi me consolerde la crainte qu’elle avait causée à mes |
partisans. Nous n’eussions pas été quittes àsi bon marché si, à l’exemple du princeÉdouard, un Bourbon eût débarqué auHavre en même temps qu’on eût installé ungouvernement provisoire à Paris . Je necommuniquai ces nouvelles qu'à un petitnombre d’officiers, et je fus convaincu, parl’effet qu’elles produisirent sur eux, que lafragilité de ma puissance les étonnait plusencore que les malheurs qui nous mena-çaient tous.
Le froid, qui dès le lendemain 7 novem-bre commença à devenir plus sérieux, dé-veloppa avec une effrayante rapidité lesgermes de dissolution qui se montraient déjàdepuis Wiazma : nous étions partis plusde 90 mille hommes de Moscou , et les rap-ports n’en comptaient pas la moitié sous lesarmes à Dorogobuje.
Nous n’avions plus qu’une ou deux mar-ches pour gagner Smolensk ; nous venionsde recevoir des moulins à bras, construitsà Paris pour suppléer au manque d’autresmoulins qui avait occasionné tant de rava-ges en forçant nos soldats à vivre de seiglebouilli. J’espérais trouver ici des vivres etun abri suffisant pour rétablir l’ordre. Ladivision Baraguay-d’Hilliers, venant deFrance avec des renforts pour tous les régi-ments, avait été cantonnée sur le chemind’Elnia que nous allions atteindre. La vuede ces soldats, en ordre et disciplinés, de-vait ranimer les vétérans, et les exciter àmieux garder leurs rangs. Je comptais d’ail-leurs sur la ferme contenance de Ney, pouravoir le temps d’opérer la réorganisation del’armée. Une foule de circonstances majeu-res détruisirent ces frêles combinaisons etces trompeuses espérances.
Koutousof marche de flanc sur EInia.
Koulousof avait laissé à ses Cosaques lesoin de nous suivre en queue; lui-même,