Band 
Tome second.
Seite
354
JPEG-Download
 

354

NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR , ETC.

nés et wurtembergeoises qui tournèrent,au milieu même du combat, leurs' armescontre nous, mon armée se soutint admi-rablement. Je fus surpris moi-même du dé-vouement et de la bravoure de mes jeunessoldats : mille pièces de canon vomissaientla mort dans leurs rangs, sans quils en fus-sent ébranlés : cétaient pourtant les mêmessoldats de la Katzbach et de Dennewitz! àquoi attribuer cette différence?

Dès le point du jour, nous commençâmesnotre mouvement de concentration au mo-ment les masses ennemies sébranlaientde toutes parts pour nous assaillir. BelluneetLauriston quittent Wachau pour se pla-cer, le premier à louest de Probsthayde,le second à gauche de ce village, dans la di-rection de Stœtteritz . Us sont suivis pied àpied par lennemi, qui déborde un instantleur arrière-garde sans les entamer. Ponia-towski se place à leur droite; Augereauferme la ligne entre Lœssnig et Connewdtz.Oudinot, avec deux divisions de jeune garde,sert de réserve à cette aile droite. Je meplace au centre derrière Bellune, à un quartde lieue de Probsthayde, avec la jeune gardede Mortier, la vieille garde de Curial et laréserve de cavalerie.

Macdonald, qui a cédé Holzhausen auxmasses de Klénau et de Benningsen, rap-proche le ii c corps et la cavalerie de Sébas-tian!, de Stœtteritz et de Mœlkau pour seliera Lauriston. Ney commandait la gauche,qui sétendait de Paunsdorf à Schœnfeld.Notre ligne formait en quelque sorte unangle obtus, dont Probsthayde occupait lesommet.

Blücher , laissant à Sacken le soin din-quiéter le faubourg de Leipsick du côté deGohlis et les retranchements de la porte deHalle, attaque lui-même Schœnfeld avecles corps russes de Langeron et de St Priest.Bernadotfe fit. assaillir Sellerhausen par Bu-

low, soutenu des Suédois. Le général Ben-ningsen attaqua Paunsdorf par sa droite etZweinaundorf par sa gauche, secondé ducorps de Klénau. Les corps de Kleist et deWittgenstein, suivis des réserves, savan-cèrent de Wachau sur Probsthayde. LesAutrichiens de Colloredo et de Bianchi fer-maient la ligne jusquà la Pleisse vers Conne-witz. Lintervalle entre ces deux rivières futcette fois abandonné à une division légère;et Giulay reçut, quoique trop lard, lordrede se porter de nouveau à Zwenkau , pourde inquiéter la grande route de Lutzen .

Les masses ennemies employèrent unepartie de la matinée à se former devant cespositions. Vers midi, lengagement devintgénéral; Colloredo , Bianchi et le prince deHesse-Hombourg attaquent notre droite lelong de la Pleisse . Les faibles divisionsdAugereau et de Poniatowski défendenthéroïquement les abords de Lœssnig et deConnewifz. Au moment de céder à une su-périorité accablante, elles sont soutenuespar les deux divisions de jeune garde dOu-dinot, qui rétablissent le combat et se main-tiennent avec une grande fermeté dans cesdeux villages et le terrain fourré qui les sé-parent de la Pleisse .

Au centre, les souverains alliés semblentvouloir frapper un coup décisif sur le sail-lant que forme notre ligne à Probsthayde;il devient le point de mire des efforts de lar-mée de Bohême. Wittgenstein et Kleist ,soutenus des réserves russes, sélancentaudacieusement sur ce village. Heureuse-ment jy avais pourvu : outre les corps deBellune et de Lauriston, javais réuni surce point avec la vieille garde, la jeune gardede Mortier, et deux corps de cavalerie sousle roi de Naples. Je fais porter sur la lignelartillerie de réserve de Drouot : lennemisavance en colonnes dautant plus pro-fondes, que lespace se rétrécit à mesure