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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR , ETC.
nés et wurtembergeoises qui tournèrent,au milieu même du combat, leurs' armescontre nous, mon armée se soutint admi-rablement. Je fus surpris moi-même du dé-vouement et de la bravoure de mes jeunessoldats : mille pièces de canon vomissaientla mort dans leurs rangs, sans qu’ils en fus-sent ébranlés : c’étaient pourtant les mêmessoldats de la Katzbach et de Dennewitz! àquoi attribuer cette différence?
Dès le point du jour, nous commençâmesnotre mouvement de concentration au mo-ment où les masses ennemies s’ébranlaientde toutes parts pour nous assaillir. BelluneetLauriston quittent Wachau pour se pla-cer, le premier à l’ouest de Probsthayde,le second à gauche de ce village, dans la di-rection de Stœtteritz . Us sont suivis pied àpied par l’ennemi, qui déborde un instantleur arrière-garde sans les entamer. Ponia-towski se place à leur droite; Augereauferme la ligne entre Lœssnig et Connewdtz.Oudinot, avec deux divisions de jeune garde,sert de réserve à cette aile droite. Je meplace au centre derrière Bellune, à un quartde lieue de Probsthayde, avec la jeune gardede Mortier, la vieille garde de Curial et laréserve de cavalerie.
Macdonald, qui a cédé Holzhausen auxmasses de Klénau et de Benningsen, rap-proche le ii c corps et la cavalerie de Sébas-tian!, de Stœtteritz et de Mœlkau pour seliera Lauriston. Ney commandait la gauche,qui s’étendait de Paunsdorf à Schœnfeld.Notre ligne formait en quelque sorte unangle obtus, dont Probsthayde occupait lesommet.
Blücher , laissant à Sacken le soin d’in-quiéter le faubourg de Leipsick du côté deGohlis et les retranchements de la porte deHalle, attaque lui-même Schœnfeld avecles corps russes de Langeron et de St Priest.Bernadotfe fit. assaillir Sellerhausen par Bu-
low, soutenu des Suédois. Le général Ben-ningsen attaqua Paunsdorf par sa droite etZweinaundorf par sa gauche, secondé ducorps de Klénau. Les corps de Kleist et deWittgenstein, suivis des réserves, s’avan-cèrent de Wachau sur Probsthayde. LesAutrichiens de Colloredo et de Bianchi fer-maient la ligne jusqu’à la Pleisse vers Conne-witz. L’intervalle entre ces deux rivières futcette fois abandonné à une division légère;et Giulay reçut, quoique trop lard, l’ordrede se porter de nouveau à Zwenkau , pourde là inquiéter la grande route de Lutzen .
Les masses ennemies employèrent unepartie de la matinée à se former devant cespositions. Vers midi, l’engagement devintgénéral; Colloredo , Bianchi et le prince deHesse-Hombourg attaquent notre droite lelong de la Pleisse . Les faibles divisionsd’Augereau et de Poniatowski défendenthéroïquement les abords de Lœssnig et deConnewifz. Au moment de céder à une su-périorité accablante, elles sont soutenuespar les deux divisions de jeune garde d’Ou-dinot, qui rétablissent le combat et se main-tiennent avec une grande fermeté dans cesdeux villages et le terrain fourré qui les sé-parent de la Pleisse .
Au centre, les souverains alliés semblentvouloir frapper un coup décisif sur le sail-lant que forme notre ligne à Probsthayde;il devient le point de mire des efforts de l’ar-mée de Bohême. Wittgenstein et Kleist ,soutenus des réserves russes, s’élancentaudacieusement sur ce village. Heureuse-ment j’y avais pourvu : outre les corps deBellune et de Lauriston, j’avais réuni surce point avec la vieille garde, la jeune gardede Mortier, et deux corps de cavalerie sousle roi de Naples. Je fais porter sur la lignel’artillerie de réserve de Drouot : l’ennemis’avance en colonnes d’autant plus pro-fondes, que l’espace se rétrécit à mesure