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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

Delmas, tombe sous ce feu meurtrier ; sestroupes, cédant de nouveau à une supé-riorité accablante, reviennent jusquà Stras-senhœuser.

Autant le canon de lennemi avait de su-périorité sur celui de Delmas, autant nousavions davantage à Probsthayde sur lesmasses épaisses qui sobstinaient à restersous notre feu sans vouloir rétrograderdun pas.

En vain quelques généraux russes , pé-nétrés de linutilité de ce carnage, propo-sèrent de le faire cesser, et, dans la certi-tude que notre retraite serait inévitable le 19,ils proposaient de porter les belles réservesde cavalerie avec le corps de Giulay sur laroute de Lutzen . Ce conseil, quoique ap-prouvé dabord, eut le sort de tant dau-tres, et ne fut pas exécuté. Les alliés,comme Koutousof à Krasnoï, se conten-tèrent dun demi-succès qui leur garantis-sait notre retraite au delà du Rhin . Us re-tirèrent pourtant une partie des massesqui étaient restées si longtemps sans utilitésous notre feu.

Bliicher et Langeron navaient paséprouvé moins dobstacles à lattaque deSchœnfeld, que Lagrange, Compans etFrédéric défendirent avec une grande va-leur, perdirent et reprirent plusieurs fois.Ces troupes de Marmont, affaiblies par lescombats du 16 et par cette sanglante lutte,étaient sur le point de succomber malgréles plus glorieux efforts. Compans étaitblessé ; Frédéric tué ; Marmont vit sonchef détat-major et ses aides-de-camp tom-ber à ses côtés ; encore quelques instants,et le 6 ° corps enfin allait être détruit, lors-que Ney lance sur lennemi les deux divi-sions du 3 e corps demeurées en réserve.Schœnfeld, pris et repris jusquà sept fois,restait en notre pouvoir, lorsque les mou-vements rétrogrades de la droite et lap-

proche des réserves de Langeron déci-dèrent Ney à reployer sa gauche à portéede fusil de ce village.

Au nord de Leipsick, les corps de Sackenet dYorck avaient tenté sans succès dem-porter le faubourg de Halle, mis à labridun coup de main et défendu par la divi-sion Dombrowski et la cavalerie du duc dePadoue .

Du côté de Lindenau, Bertrand, ayantreçu quelques renforts, chassa aisément ladivision Lichtenstein du corps de Giulay,et ouvrit la route de Weissenfels .

On voit, par ce récit, que nous perdîmespeu de terrain à la gauche; le reste de laposition principale fut maintenu, et aucunde nos corps navait été entamé, grâceau peu dusage que lennemi sut tirer de sacavalerie. Cétait beaucoup pour la gloire,ce nétait rien pour le succès delà campagne;car telle était la situation désespérée de nosaffaires, quun demi-succès équivalait à unedéfaite.

Journée du 19 octobre.

La bataille sétant prolongée jusquà lanuit, et les troupes étant exténuées de fatigueet de faim, il devenait très-difficile dopérerla retraite dans la nuit.

Pour leffectuer dune manière conve-nable, il aurait fallu jeter dès le 17 plusieursponts secondaires sur la Pleisse et lElster.Il eût été indispensable de faire filer tousles équipages de larmée le 18, sous la pro-tection du corps de Bertrand. On les laissaencombrés au contraire entre larmée etLeipsick : non-seulement Berthier ne son-gea à rien, mais, dévoré par la crainte dedévoiler trop tôt la retraite et de semer ledécouragement, il repoussa toutes les me-sures de prudence que les officiers détat-major les plus bornés eussent prises à saplace, comme sil eût été persuadé que jereprendrais mon ascendant sur lennemi.