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Tome second.
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CHAP. XX. CAMPAGNE DE 1815.

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Le chef du génie aurait y suppléerpour ce qui concernait les ponts; son parcétait en partie resté à Eulenliourg avec lesgros équipages du quartier-général; maisles sapeurs ne manquaient pas dans les corpsdarmée, et les outils, les charpentiers re-gorgeaient dans la ville de Leipsick.

Javais bien ordonné quon jetâttrois pontssupplémentaires sur la Pleisse ; mais cetordre, donné à la hâte et un peu tard, futencore mal exécuté : on nen construisitquun mauvais qui se rompit. Au fait, toutdans larmée reposait sur moi seul; il fallaitque je prévisse tout.

Nous avions franchi le Danube en huitheures de nuit à Wagram avec iso millehommes; mais cétait sur six beaux ponts chaque corps rangé à lavance avait sondébouché, et les impedimenta ne pas-saient que bien longtemps après larmée.En retraite, à travers les rues dune ville,par un seul pont étroit, lopération est biendifférente; il y a nécessairement un encom-brement horrible : les lâches veulent passerles premiers, et il ne faut que deux ou troisvoitures brisées pour tout arrêter dans undéfilé si resserré. Tous ces malheurs nousarrivèrent.

Laube du jour nous trouva le 19 danstous les embarras dune affreuse retraite.Il fallait recevoir encore une bataille pourlopérer. Les troupes étaient rangées au-tour de lenceinte des faubourgs quon avaiteu le soin de barricader de longue main.On pouvait sy défendre aisément 2 îheures,si lon voulait combattre comme à Dresde .Nous aurions eu ainsi le temps de faire écou-ler la multitude, et les corps se seraient re-tirés successivement du combat pour passera leur tour. Tactiquement parlant, notreposition nétait point mauvaise, puisqueLeipsick pouvait être considéré comme unetête de pont couvrant le défilé. Il ny man-

quait que des ponts pour accélérer lécoule-ment et ne pas le faire dépendre du moin-dre accident. Il en eût fallu deux au-dessuset deux ou trois au-dessous de la granderoute ; cest-à-dire deux ou trois sur chacundes bras de lElster, qui est ici fort divisé.Il eût fallu ouvrir des débouchés dans lesjardins, et, pour mettre lopération à labride lennemi, il eût été indispensable quelapproche de ces ponts eût été couverte dedeux ou trois redans liés avec le passage deLindenau.

Mais nous nétions revenus de Duben quele 15, nous espérions gagner une bataillele 16, nous comptions sur un armistice le 17 ;enfin, personne navait songé à la retraitequau moment il était trop tard de pres-crire aucune précaution pour laccélérer etlassurer. La postérité en rendra solidairesmon major-général et le chef du génie en-core plus que moi.

Javais passé la nuit à dicter tous les or-dres que nécessitait la nouvelle position danslaquelle nous allions nous trouver en rega-gnant la frontière de France : jen adressaiau conseil de régence , à Mayence, à Stras-bourg et sur toute la ligne du Rhin ; surle bas Elbe, en Italie, en Espagne , à Dant-zick, sur lOder, à Dresde, à Torgau . Jepensai à toutes les grandes combinaisons queme commandait lavenir : ceût été à Ber-thier à faire le reste.

Aussitôt que le jour fut venu, je me ren-dis chez le roi de Saxe pour lengager à re-mettre son sort à la générosité des rois quilavaient reconnu, mais en lui rappelant quela France avaittoujours été meilleure alliéede la maison de Saxe que lAutriche et laPrusse.

Je massurai, en le quittant, de lhorribleencombrement qui existait dans toutes lesrues de Leipsick, et macheminai vers ledéfilé. Le combat sétait engagé sur toute