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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
la circonférence à la moindre démarche queles corps d’armée avaient faite pour se rap-procher des faubourgs de Leipsick. Aunord, Sacken et Langeron attaquaient Pfaf-fendorf défendu par Durutte ; WoronzofetBulow attaquaient les portes de Grimma etd’Hinterthor que Marmont et Ricard dé-fendaient. Au sud, Schwartzenberg serraitles Polonais le long de la Pleisse; Barclaypoussait Macdonald et Lauriston, en venantde Probsthayde par Strassenhœuser.
Je ne pouvais prescrire aucun mouve-ment; je me rendis à 9 heures à la porte deRanstedt où l’encombrement était affreux;je revins par les boulevards pour gagner lepont. Bellune, Mortier, avaient passé le dé-filé; Souham et Marmont suivirent. Lau-riston ébranla ses troupes pour passer à sontour.
Mais l’évacuation successive affaiblissaitnotre ligne à mesure que les colonnes enne-mies, plus animées, se rapprochaient de laville de Leipsick. Déjà elles avaient forcél’entrée des faubourgs et gagnaient la partieorientale du boulevard qui les sépare del’ancienne enceinte : les Badois leur aban-donnent la porte de St-Pierre, et livrentainsi l’accès dans la ville, où bientôt plu-sieurs colonnes alliées se précipitent. Lestrois corps d’armée restés pour la défendren’ont plus d’autre parti à prendre qu’à ga-gner en toute hâte la grande route, en cher-chant à se défendre de droite et de gauche,à la faveur des maisons du faubourg dePianstedt.
Us parviennent à se jeter dans cet espace ;mais, affluant par directions opposées etcroisés par les immenses parcs qui ob-struaient tout, ils ne forment bientôt plusqu’une cohue. Cependant cette cohue se fûtécoulée peu à peu, si l’officier préposé à ladestruction des ponts après le passage n’a-vait pas confié cette importante besogne à
1 un simple caporal de sapeurs, pour le pontdu moulin situé sur le grand bras de l’El-ster. Langeron, en suivant les boulevardsdu nord, se prolongeait parallèlement àl’ouest pour gagner notre ligne de retraite :ses tirailleurs s’étant répandus dans lesjardins, en passant à la nage ou autrementles petits bras qui les arrosent, pénétrèrentainsi jusqu’auprès du pont. Le caporal,voyant l’ennemi arriver, croit qu’il ne restequ’un petit nombre des nôtres au delà dupont, et exécute sa consigne : il met le feuaux poudres, et fait sauter l’unique voie desalut qui reste à notre arrière-garde. Nostroupes, ainsi pressées entre les masses en-nemies et l’Elster sans pont, sont réduitesau désespoir : les plus hardis se précipitentdans les flots ; Macdonald se sauve ; Ponia-towski y trouve la mort; quelques milliersd’hommes parviennent, à échapper; maisprès de 15 mille, après avoir jeté leurs armes,se rendent à la discrétion de l’ennemi. Lau-riston, Reynier, le prince Émile de Hesseet une vingtaine d’autres généraux furentprisonniers; l’ennemi fit un butin immenseen bagages, parcs, etc. '
Je me trouvais avec la garde en arrière dudernier pont de Lindenau lorsque le pontde l’Elster sauta : je la fis aussitôt formeren bataille et placer ses batteries. Nous noustrouvions chargés de protéger la retraitedes débris de l’armée jusqu’à la Saale ; nouspûmes heureusement l’atteindre, quoiqueserrés d’assez près par Yorck du côté deFreybourg, et par Giulay du côté de Kosen.L’ordre le plus admirable régna dans notrepassage de Weissenfels,où l’état-major avaitredoublé de précautions, comme pour ré-parer l’oubli impardonnable qu’il avait fait àLeipsick.
Le désastre du pont de l’Elster, et le dés-ordre de la journée du 19 octobre, ont étémis par mes détracteurs à côté de la retraite