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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

la circonférence à la moindre démarche queles corps darmée avaient faite pour se rap-procher des faubourgs de Leipsick. Aunord, Sacken et Langeron attaquaient Pfaf-fendorf défendu par Durutte ; WoronzofetBulow attaquaient les portes de Grimma etdHinterthor que Marmont et Ricard dé-fendaient. Au sud, Schwartzenberg serraitles Polonais le long de la Pleisse; Barclaypoussait Macdonald et Lauriston, en venantde Probsthayde par Strassenhœuser.

Je ne pouvais prescrire aucun mouve-ment; je me rendis à 9 heures à la porte deRanstedt lencombrement était affreux;je revins par les boulevards pour gagner lepont. Bellune, Mortier, avaient passé le dé-filé; Souham et Marmont suivirent. Lau-riston ébranla ses troupes pour passer à sontour.

Mais lévacuation successive affaiblissaitnotre ligne à mesure que les colonnes enne-mies, plus animées, se rapprochaient de laville de Leipsick. Déjà elles avaient forcélentrée des faubourgs et gagnaient la partieorientale du boulevard qui les sépare delancienne enceinte : les Badois leur aban-donnent la porte de St-Pierre, et livrentainsi laccès dans la ville, bientôt plu-sieurs colonnes alliées se précipitent. Lestrois corps darmée restés pour la défendrenont plus dautre parti à prendre quà ga-gner en toute hâte la grande route, en cher-chant à se défendre de droite et de gauche,à la faveur des maisons du faubourg dePianstedt.

Us parviennent à se jeter dans cet espace ;mais, affluant par directions opposées etcroisés par les immenses parcs qui ob-struaient tout, ils ne forment bientôt plusquune cohue. Cependant cette cohue se fûtécoulée peu à peu, si lofficier préposé à ladestruction des ponts après le passage na-vait pas confié cette importante besogne à

1 un simple caporal de sapeurs, pour le pontdu moulin situé sur le grand bras de lEl-ster. Langeron, en suivant les boulevardsdu nord, se prolongeait parallèlement àlouest pour gagner notre ligne de retraite :ses tirailleurs sétant répandus dans lesjardins, en passant à la nage ou autrementles petits bras qui les arrosent, pénétrèrentainsi jusquauprès du pont. Le caporal,voyant lennemi arriver, croit quil ne restequun petit nombre des nôtres au delà dupont, et exécute sa consigne : il met le feuaux poudres, et fait sauter lunique voie desalut qui reste à notre arrière-garde. Nostroupes, ainsi pressées entre les masses en-nemies et lElster sans pont, sont réduitesau désespoir : les plus hardis se précipitentdans les flots ; Macdonald se sauve ; Ponia-towski y trouve la mort; quelques milliersdhommes parviennent, à échapper; maisprès de 15 mille, après avoir jeté leurs armes,se rendent à la discrétion de lennemi. Lau-riston, Reynier, le prince Émile de Hesseet une vingtaine dautres généraux furentprisonniers; lennemi fit un butin immenseen bagages, parcs, etc. '

Je me trouvais avec la garde en arrière dudernier pont de Lindenau lorsque le pontde lElster sauta : je la fis aussitôt formeren bataille et placer ses batteries. Nous noustrouvions chargés de protéger la retraitedes débris de larmée jusquà la Saale ; nouspûmes heureusement latteindre, quoiqueserrés dassez près par Yorck du côté deFreybourg, et par Giulay du côté de Kosen.Lordre le plus admirable régna dans notrepassage de Weissenfels,où létat-major avaitredoublé de précautions, comme pour ré-parer loubli impardonnable quil avait fait àLeipsick.

Le désastre du pont de lElster, et le dés-ordre de la journée du 19 octobre, ont étémis par mes détracteurs à côté de la retraite