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Tome second.
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CHAP. XX. CAMPAGNE DE 1813.

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pris la manœuvre audacieuse de Wrède parles fuyards de mon avant-garde, qui étaitvenue donner contre les Austro-Bavarois .Il ny avait pas à tergiverser ; il fallait sehâter de passer sur le ventre à ces nouveauxennemis, pour ne pas donner le temps à ceuxqui nous suivaient de prendre part à la fête.Bliicher, quittant la chaussée dEisenach ,sétait élevé au nord par Hersefeld, versles sources de la Nidda, pour fondre surmon flanc gauche; Bubna me suivait enqueue, et la grande armée alliée gagnait madroite par les montagnes de Franconie .Mélevant à la hauteur du danger, je fus loinde perdre courage ; je marchai vivementsur Hanau .

Bataille de Hanau .

Nous avions encore 80 mille hommes dis-ponibles, sans compter 25 mille traîneursou blessés ; mais ils formaient une longueprocession jusquà Fulde : je nen avais que30 mille sous la main. Wrède en comptait50 mille; il se plaça audacieusement ou,pour mieux dire, imprudemment au débou-ché de la forêt de Lamboi, adossé à la Kin-zig : nous lattaquâmes le 50. Pendant quemes tirailleurs, répandus dans la forêt, con-tenaient sa droite et son centre, ma cavale-rie enfonçait la gauche et la jetait en partiedans la Kinzig . Grâces aux Cosaques quiprécédaient la marche de Bliicher vers Ber­ gen , la moitié de cette aile enfoncée putregagner Hanau , le reste fut noyé ou pris.Wrède, jugeant le danger de sa position,manœuvra par sa droite pour changer defront, et sassurer une retraite sur Aschaf-fenbourg. Ma vieille garde, sous Friant, lerepoussa. Si javais eu les corps de Bertrand,de Ney et de Marmont autour de moi, cenétait fait de larmée bavaroise ; je lauraisjetée dans le Mein , en lui coupant cetteroute; mais nous navions pas de temps àir.

perdre, il fallait filer sur Francfort dès quela route fut ouverte sous peine dêtre atteintet enveloppé, car Bliicher et Schwartzen-berg pouvaient arriver dun moment à lau-tre. Nos colonnes marchèrent toute la nuitpour atteindre cette ville.

Cependant mon arrière-garde, forte de14 mille hommes, navait point encore atteintla hauteur de Hanau : il fallait donc tenirsur ce point jusquà son arrivée. Je laissaicette tâche à Marmont, en lui recomman-dant, pour être plus sûr de la réussite, deprendre loffensive. Le si, au matin, il atta-qua et enleva la ville de Hanau . Sur sa gau-che, il força le pont de Lamboi sur laKinzig , et fit plier la droite de lennemi ; ilgagna ainsi le temps nécessaire pour rallierlarrière-garde. Celle-ci étant arrivée, Mar-mont se disposa à se mettre à son tour enretraite, laissant à Bertrand la garde dHa-nau jusquà ce que tout fût écoulé. Wrèdevoulut laver sa défaite en prenant linitiative ;il pénétra dans Hanau , il fut grièvementblessé et repoussé.

Le corps bavarois qui occupait Francfort nosa nous y attendre; à notre approche ilrepassa le Mein , dont il détruisit le pont.Le 2 novembre, jarrivai à Mayence : monarmée y passa le Rhin . La division Guille-minot qui fermait la marche, voulant tenirferme sur les hauteurs de Hocheim, y futaccablée par les forces quadruples des Au-trichiens , et eut cependant le bonheur derentrer à Cassel sans avoir éprouvé toutela perte à laquelle on aurait pu sattendre.

Larmée arrive délabrée derrière le Rhin .

La grande retraite que nous avions exé-cutée depuis Leipsick navait pu avoir lieusans désordre : lépuisement, la faim, firentpérir beaucoup de monde. Une fièvre ner-veuse épidémique sempara de nos débris.Cette retraite nous fut presque aussi fatale

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