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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

que celle de Russie . Elle coûta peut-êtreautant dhommes à lancienne France .

Nos pertes étaient si grandes depuis deuxans, que la nation en fut consternée. Si lesennemis avaient poursuivi leur marche, ilsseraient entrés avec notre arrière-gardedans Paris 5 mais laspect des frontières mi-litaires de la France les intimida. Us voulu-rent attendre les milices levées de tous côtéspour bloquer nos places, avant que de sen-gager sur le sol fécondé par le sang dessoldats de la première coalition.

St-Cyr rend Dresde .

Ils soccupèrent avant tout de recueillirle fruit de leur grande victoire. Le premier,le plus important de tous fut la capitulationde Dresde , javais laissé malheureuse-ment 25 mille hommes sous St-Cyr. Ce granddétachement a été lobjet de mainte critique.Certes, sil navait eu dautre but que degarder Dresde , ceût été une lourde sottise;mais il devait tenir la campagne de concertavec Murat, autant que possible, pour oc-cuper larmée de Bohême, tandis que je meportais à Duben pour écraser Blücher . Jecomptais bien revenir sur mes pas pour meréunir à ces troupes, et dy revenir mêmepar la droite de lElbe , après avoir soumisBerlin . On a vu par quel concours de cir-constances mon projet avait été abandonné.Dès que jy renonçai à Duben, le u octo-bre , jexpédiai des officiers à St-Cyr pourlui prescrire de descendre lElbe , et de seréunir à la majeure partie des garnisons deTorgau et de Magdebourg . Aucun ne par-vint à sa destination. Dès-lors la perte dela bataille de Leipsick devait décider de sonsort. Jespérais toutefois que St-Cyr pren-drait de lui-même la résolution de filer surTorgau ; il aurait pu en tirer encore quel-ques renforts, ainsi quà Wittemberg etMagdebourg , puis gagner Hambourg pour

se réunir à Davoust, ou mieux encore luiassigner une jonction vers Minden , afin degagner Wesel de concert. Les alliés na-vaient laissé devant Dresde que les milicesrusses du comte de Tolstoy et une bonnedivision : nul doute quil eût réussi, sil avaitentrepris la chose au bon moment; il tardaun peu trop à sortir, et il ne le fit que par-tiellement. Ce mouvement ne pouvait avoirlieu que par la rive droite de lElbe ; mal-heureusement Dresde est environné, de cecôté, de forêts considérables ; lennemi cou-ronna les hauteurs de Boxdorf de fortsabattis et de retranchements ; le comte deLobau en tenta inutilement lattaque; nese voyant pas soutenu, il rentra indignédans Dresde . Les alliés sétant hâtés, aprèsla bataille de Leipsick, denvoyer Klénau àla tête de 25 mille Autrichiens renforcer lecorps de blocus, de jour en jour le succèssemblait plus douteux.

St-Cyr était las de la guerre et mécontent,ses magasins étaient vides; jugeant mesaffaires perdues en Allemagne , il pensaremplir toutes mes vues et conserver à laFrance un noyau précieux; il stipula la re-mise de la place aux alliés avec la libre sor-tie de la garnison, qui serait ensuite échan-gée. La capitulation était déjà exécutée,quand on apprit que les souverains la dé-sapprouvaient, et ordonnaient de faire ren-trer les colonnes. Au fait, Klénau avaitcommis une bévue. Cétait le corps darméeet non la ville quil devait prendre; il aurait au moins se réserver lapprobation su-périeure , et fournir des vivres à la placejusquau retour de son courrier. A la vérité,le libellé de la capitulation était tel, que lagarnison aurait pu être retenue longtempsjusquà son échange parfait ; et sous ce pointde vue, Klénau est excusable.

St-Cyr fut victime de son excès de con-fiance. On lui proposa de rentrer dans la