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Tome second.
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CHAP. XX. CAMPAGNE DE 1815.

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place déjà occupée par lennemi, qui avaitacquis la certitude du dénùment des maga-sins. I! serait rentré pour se rendre quelquesjours après; il aima mieux laisser aux alliésle blâme apparent dune capitulation violée.Il se rendit prisonnier ! La postérité le luireprochera.

Opérations devant Hambourg .

Dun autre côté, larmée du prince royalde Suède , inutile dans la poursuite, avait étédis' ée. Déjà lecorps de Tauenzien lavaitquittée pour bloquer Wittemberg . Bulowfut détaché dans la Westphalie jusquauxconfins de la Hollande pour balayer ce pays,et une partie des troupes russes sous Wint-zingerode prit la même direction.

En échange, le prince royal réunit lecorps de Benningsen à ses Suédois ; aprèsavoir laissé le premier quelques jours au-tour de Magdebourg , il se porta avec luisur le bas Elbe pour joindre Walmoden,détacher le Danemark et soumettre Ham­ bourg , aux environs duquel Davoust, deconcert avec 10 mille Danois , avait tenu lacampagne avec succès. Les Danois ne tar-dèrent pas à signer la paix avec les alliés;mais celte brave nation, qui navait re-cueilli que les épines de mon alliance, ni-mita pas ceux qui en avaient eu tous lesavantages; elle se contenta dune sage ethonorable neutralité.

Davoust, livré à lui-même, se prépara àune vigoureuse défense. Les devoirs dunvaillant gouverneur qui veut senterrer sousles ruines dune ville confiée à son épée, nepeuvent saccorder avec lintérêt des bour-geois: Davoust a laissé à Hambourg un nomabhorré; on pourrait mesurer en quelquesorte à cette haine, les éloges quil mérita.

Bloquer et assiéger une ville comme Ham­ bourg , Haarbourg et les îles, lorsquelle estdéfendue par 25 mille braves et bien appro-

visionnée, nest pas une petite tâche. Leprince de Suède et Benningsen y consumè-rent cinq mois, sans beaucoup avancer; Da-voust défendit les approches avec activité,et fit la guerre extérieure aussi longtempsquil le put : la place tenait encore à monabdication.

Capitulation de Dantzick.

Rapp neut pas le même bonheur à Dant-zick; il y bravait depuis un an les attaquesdu duc de Wurtemberg. Les moyens desassiégants nétaient pas proportionnés àlimportance de la place et à la force de lagarnison. Il sy trouvait 25 mille hommes,dont 5 à e mille, il est vrai, étaient hors détatde servir; 3 à 4 mille Napolitains équivoques;la division polonaise de Granjean et celle dugénéral Heudelet . Après un blocus de sixmois, on pensa au siège; il aurait duré long-temps encore, si, faute de munitions et demédicaments, la garnison exténuée navaitcru sa tâche remplie. Rapp eut le même sortque St-Cyr : il obtint dabord sa libre sor-tie qui ne fut pas sanctionnée; mais du moinssétait-on réservé cette sanction. Il ne luiresta dautre parti que de se rendre prison-nier.

Siège et blocus des autres places.

Les Prussiens resserrèrent Wittemberg , le général Lapoype fit une très-belle dé-fense jusqu'en 1814. Le corps de Tauenzienvint bloquer Torgau , de concert avec lesSaxons passés dans les rangs prussiens, puisils firent à la fin de novembre un simulacrede siège, que la gelée obligea de changer enbombardement, principalement sur le fortdétaché de Zinna. La garnison avait été em-barrassée dune foule déquipages et dhom-mes éclopés qui sy étaient jetés à lépoquede Leipsick ; une fièvre endémique y exer-çait ses ravages : le comte de Narbonne y