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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
commandait. II mourut des suites d’unechute de cheval, et fut remplacé par le gé-néral Dutaillis, ayant sous lui Brun de Vil-leret. La garnison, réduite de moitié etn’ayant plus de vivres, capitula. Stettin ,Modlin, Zamosc , la citadelle d’Erfurth, serendirent également dans le courant dumois de décembre, après avoir épuisé toutce qu’on pouvait espérer de résignation etde dévouement. Glogau , menacé d’un siège,tint bon jusqu’à la lin de la guerre. Magde-bourg, défendu par une forte garnison, nefut que bloqué, d’abord par Benningsen,puis par des milices prussiennes. Une petiteguerre sans intérêt se fit durant l’hiver sousses murs. Custrin , défendu par Formerd’Albe , ne fut qu’investi : sa position dansune île de l’Oder en rendait le blocus aussiaisé que l’attaque en était difficile; d’ailleursles Prussiens n’avaient aucun intérêt à dé-truire leurs places, certains qu’ils les rédui-raient par famine avec le temps. Cette con-sidération les détermina également à trans-former en blocus le siège de Glogau , aussitôtque les événements eurent éloigné le théâtrede la guerre de l’Elbe et de l’Oder . Ces deuxplaces prolongèrent leur défense au delà detoute espérance, la première jusqu’au ^ mars,la seconde jusqu’au 10 avril. C’était d’autantplus honorable pour la garnison de Glogau ,que sur 5 mille hommes dont elle se compo-sait, le gouverneur fut obligé d’en renvoyerla moitié formée de troupes allemandes, es-pagnoles et illyriennes, et qu’il était obligéde garder une enceinte immense sur les deuxrives de l’Oder avec le peu de monde qui luirestait.
Opérations d’Eugène dans le Frioul .
En Italie il ne s’était rien passé de déci-sif [i]. Le vice-roi, que j’y avais envoyé après
[t] Il ne faut pas s’attendre à trouver ici les détailsde ces campagnes; ce n’est qu’un accessoire, une
la bataille de Lutzen , parce que je prévoyaisbien qu’il y aurait affaire, y réorganisa unearmée de 4S mille hommes Français et Ita liens .
J’avais conçu un moment l’espérance deporter Augereau, de concert avec l’arméebavaroise et Eugène, jusqu’aux portes deVienne , en les réunissant dans la vallée duDanube . Cette réunion de 120 mille hommeseût fort embarrassé l’Autriche ; mais les in-trigues qui paralysèrent la Bavière dès lecommencement de la campagne me forcè-rent de renoncer à ce projet. Les Autri-chiens, débarrassés d’inquiétude du côté del’Inn et du Tyrol, purent ainsi opposer àEugène le général Hiller avec sept divisionsd’une force supérieure; ils avaient en outrepour eux les vaillants habitants du Tyrol etles Croates illyriens. Le vice-roi occupaitavec le gros de ses forces les fameux passa-ges de Tarvis et Lavbach, en même tempsqu’un détachement gardait la vallée de l’A-dige, jusqu’à Prunecken. Hiller, repousséà Villach et à Kraimbourg, eut quelquessuccès vers Fiume; mais le vice-roi y ayantporté la division Pino, le général Nugentfut battu comme son chef.
Hiller renfoncé, passa enfin la Drave le19 septembre et obtint quelques avantagessur les divisions Verdier et Gratien . Levice-roi se maintint à Tarvis. Au milieu d’oc-tobre, le général autrichien, certain del’accession de la Bavière , fila avec son corpsde bataille en remontant la Drave sur Pru-necken, pour joindre sa droite dans la val-lée de l’Adige , et porter le théâtre de laguerre par Trente sur Vérone ; la gaucheseule resta dans le Frioul . Ce mouvementétait bien conçu. Le vice-roi ne put tenirdans les montagnes, ayant à dos l’Isonzo ,le Tagliamento , la Piave et la Brenta dé-ombre au tableau que l’auteur s’est proposé de tra-
cer.