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Tome second.
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CHAP. XXI. CAMPAGNE DE 1814.

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tout en comblant les vœux des oligarques,il noublia pas ceux de son cabinet. Il avaitpoussé trois colonnes sur Genève pour sesaisir de la route du Simplon et décider lé-vacuation de lItalie .

La grande armée alliée profita de la vio-lation du territoire suisse pour traverserBâle et savancer sur Béfort et Vesoul . Con-formément à mes ordres, nos corps cédèrentà lénorme supériorité de lennemi pour seconcentrer vers Châlons . La première ren-contre eut lieu à Langres , ma vieille gardesoutint un combat pour nous donner un ré-pit de quelques jours.

Alors commença cette campagne à jamaiscélèbre, qui assure limmortalité à la poi-gnée de braves qui ne désespérèrent pas dusalut de la France . Leur confiance ranimala mienne 5 témoin de leur patriotisme, deleur dévouement pour ma personne, de leurvaleur, serais-je donc coupable davoir cruà plusieurs reprises que rien nétait impos-able avec de pareils soldats?

Je marche pour délivrer la Champagne .

Les ennemis nétaient plus quà quelquesmarches de Paris . Malgré linsuffisance demes moyens de résistance, il fallait toutfaire pour les empêcher dy arriver. Le 25janvier, après avoir rassemblé les chefs de

lilion par un éclat, ou dadhérer û la proclamation,garda le silence, persuadé que cétait à la fois unmoyen de réussir dans les opérations sur Paris , etde déjouer les vues particulières de lAutriche , ausujet du rétablissement de loligarchie bernoise .

Lempereur Alexandre, calmé parle succès de lamarche sur Paris , pardonna à Capo-dIslria de la-voir facilité ; mais ce qui est bizarre, cest que lesVaudois rejetèrent tous les malheurs de linvasionsur le général Jomini , qui, depuis Leipsick, avaittout fait pour les en exempter.

Lempereur Alexandre, instruits Carlsrouhe delentrée de Schwarzenbergen Suisse, eut peine üy croire, et sexprima avec véhémence contre une

la garde nationale de Paris , et reçu le ser-ment qu'ils me prêtèrent de veiller avec fi-délité sur ce que javais de plus cher, jequittai la capitale pour me rendre à Châ­ lons . Javais confié de nouveau la régence àlimpératrice Marie-Louise et le titre de lieu-tenant de lempire à mon frère Joseph, quidevait présider le conseil. Je reçus à mondépart les adieux de mon épouse et de monfils... Mon cœur était déchiré... un tristepressentiment magitait... Ces adieux !... ilsdevaient être éternels !

Les souverains alliés, avec leur grandearmée de 120 mille hommes, sétaient avancésde Langres sur Chaumont ; Blücher , avecenviron 50 mille, avait dépassé Nancy et sedirigeait vers Joinville et St-Dizier sur laMarne . Je navais à opposer à ces massesquenviron 70 mille hommes encore dissémi-nés sur une ligne un peu étendue. Mortier,avec 15 mille hommes, formait la droite àTroyes ; au contre, entre Châlons et Yitry,les maréchaux Ney, Victor et Marmontavaient réuni environ 45 mille hommes; en-fin sur la gauche, Macdonald avec 9 millehommes venant de Namur , avait dépasséMézières et sapprochait de Rethel .

Je me rejette sur Blücher .

Je savais que les alliés savançaient assez

violation aussi manifeste de la foi donnée. Il luiécrivit à linstant même que cette journée étaitune des plus pénibles de sa vie. Comment M. legénéral Vaudoncourt a-t-il pu manquer aux devoirsdun historien, en attribuant cette invasion au gé-néral qui na cessé dexciter lempereur de Russie à lempêcher? Loin davoir contribué à linvasionde sa patrie, il a même opiné , en 1S13 , contrecelle de la France , comme contraire aux intérêtsfuturs de la Russie , parce quelle devait donnertrop de prépondérance aux Anglais en étant à laFrance tout moyen de lutter contre eux. Si la mar-che sur Paris fut un triomphe mémorable , est-ilprouvé que les fruits en aient été bien satisfaisants?