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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

imprudemment par corps séparés ; mais,comme cela arrive toujours à la guerre, jenavais de données très-exactes ni sur lem-placement de ces corps, ni sur leur forcerespective. Je crus cependant quen pous-sant vivement avec mon centre de Vitry parSt-Dizier et Joinville sur Chaumont , je réus-sirais encore à me placer entre larmée deBlücher et la grande armée des alliés, queje me proposais dattaquer avant quelle pûtréunir tous ses corps.

Le 27 janvier , nous nous portâmes surSt-Dizier . Cette ville était occupée par lacavalerie russe de larmée de Blücher , quien fut délogée sans peine. Jappris alors queBlücher, avec les 26 mille Russes qui fai-saient partie de son armée, ayant passé laMarneà Joinville, avait déjà filé sur Brienne ,se dirigeant vers Troyes ; mais que le géné-ral Yorck, avec20 mille Prussiens, se trou-vait encore à St-Mihiel sur la Meuse . Nousétions ainsi parvenus, sans y penser, à cou-per en deux larmée de Silésie . Je résolusde profiter sur-le-champ de cette circon-stance pour tomber sur Blücher avant quileût pu être joint par la grande armée desalliés, qui était en marche de Chaumont surBar-sur-Aube .

Premier combat de Brienne.

Le 28, nous atteignîmes Montierender ;le 29 , nous nous portâmes sur Brienne. Blü-cher se disposait à quitter cette ville pourcontinuer sa marche sur Troyes , et le gé-néral Sacken, avec un corps de îe millehommes, occupait déjà Lesmont. Malheu-reusement un officier, que javais expédié àMortier pour lui ordonner de se rapprocherde moi, fut pris par un parti ennemi; sesdépêches apprirent à Blücher que jallais dé-boucher sur ses derrières; il fit revenir entoute hâte le corps de Sacken. Mon infan-terie , retardée dans sa marche à cause du

mauvais état des chemins, presque imprati-cables dans cette contrée pendant lhiver,narriva devant Brienne que vers les quatreheures du soir. Blücher , renforcé parlacavalerie russe de la grande armée, y avaitréuni environ 28 mille hommes : nous latta-quâmes. Les Russes se défendirent à Brienneavec opiniâtreté pour couvrir le mouvementde leur parc que lon faisait revenir de Les-mont, et qui navait pas achevé de filer.Nous emportâmes cependant le château,mais lennemi se maintint dans la ville. Cecombat coûta près de 3 mille hommes à cha-cun des deux partis, sans amener de résul-tat. Dans la nuit, Blücher se retira, nonpar la route quil avait suivie, mais dans ladirection de Bar-sur-Aube , par arrivaitla grande armée des alliés.

Le 30 , je poussai en avant. La cavalerieennemie couvrit la retraite de larmée deSilésie , qui vint occuper une position for-midable, sur les hauteurs deTrannes, cou-verte par lAube et par des bois. La rnienq^sétablit vers la Rothière, entre Dienville et les bois de Chauinesmil.

Lempereur Alexandre, informé de madémarche contre Blücher , avait pressé lerassemblement des forces alliées dans la di-rection de Bar-sur-Aube , et Schwartzen-berg, cédant à ses instances, transféra entoute hâte le quartier général dans cetteville. Wittgenstein et Wrède furent dirigésavec 40 mille hommes sur Joinville, pourassurer la communication avec le corps deYorck, qui arrivait le même jour à Saint-Dizier , et pour agir également sur la lignedopérations que je venais dadopter.

Bataille de Brienne .

Informé que Blücher était déjà en me-sure dêtre soutenu par la grande arméedes souverains, je nosai pas lattaquer aTrannes, de crainte de tomber sur des forces