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Tome second.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

sion : la rupture du pont de Lesmont et ledéfaut de chemin de Brienne à Arcis ne melaissaient pas dautre chance que celle decombattre.

Le lendemain, je repassai lAube , à Les-mont, et continuai ma retraite sur Troyes .Le duc de Raguse , resté sur la rive oppo-sée pour favoriser notre retraite, se trouvabientôt entouré par 25 mille Bavarois. Ilfallait un grand sang-froid et une intrépiditéinouïe pour sortir de ce mauvais pas ; le ma-réchal ne resta pas au-dessous de sa tâche.A la tête de sa division, il se jeta sur len-nemi, le culbuta, et, vainqueur des Bava-rois, traversa le village de Rosnay, qui luirouvrait une route vers Arcis, par la rivedroite de lAube . Lennemi, ébranlé par cetéchec, ne songea pas à nous poursuivre, cequi aurait été dautant plus facile, que lesoir même de la bataille il avait déjà un groscorps sur la gauche du fleuve. Le 3, nousatteignîmes Troyes sans perte.

Néanmoins, mes affaires paraissaient dés-espérées, puisquen engageant la plus grandepartie de mes forces disponibles, je navaispas remporté la victoire sur des corps quiformaient à peine la moitié des armées al-liées; à plus forte raison je ne pouvaisme flatter de plus de succès, lorsque len-nemi aurait réuni ses forces. Cependantje sentais que notre devoir à tous était dedéfendre pied à pied et jusquà la dernièregoutte de notre sang le territoire de laFrance . Dans une lutte aussi désavanta-geuse, il ne sagissait pas seulement du suc-cès final, il fallait réaliser de nouveau lemot de François I er , et se résigner à toutperdre, hors lhonneur. Outre cela, je fon-dais de grandes espérances sur larrivée àGenève de larmée du vice-roi, sur la levéedes gardes nationales; enfin sur larrivéedes troupes délite tirées de larmée dEs­ pagne .

Congrès de Châtillon.

Les ouvertures faites à M. de St.-Aignan,quoique méconnues dans la suite, avaientdonné lieu à louverture dun congrès à Châ-tillon-sur-Seine. Lord Castlereagh , débar-qué en Hollande, après avoir assisté à laréinstallation du prince dOrange, sétait en-suite rendu à Langres au quartier-généraldes souverains alliés. Il y déroula toutes lesprétentions de lAngleterre triomphante, etpour lui complaire on retranche aussitôtloffre de la limite du Rhin , des Alpes et desPyrénées , dans laquelle Anvers eût été com-pris. Les représentants des quatre grandespuissances figuraient seuls à ce congrès :Stadion y représentait lAutriche , et le comteRazumousky la Russie . Tous deux étaientmes ennemis jurés. Le dernier, depuis long-temps étranger aux affaires, me portait unehaine irréfléchie; ayant eu quelque part auxdémarches qui avaient produit la coalitionde isos, je lavais traité sévèrement dans les Iarticles du Moniteur, et il men gardait raik_, 'cune. Outre cela, il ne voyait en moi que le !vainqueur de Friedland et dAusterlitz quil !fallait humilier. Lintérêt à venir de lem­ pire russe nétait pas son unique loi. Cestun malheur, quand les destinées des nationssont confiées à deshommes haineux : quelquemérite quils aient, leur jugement est faussé.

La Russie ne voulait que le duché de Var­ sovie ; la Prusse ses anciennes possessions,ou 5 millions dhabitants en équivalent; lAu­ triche ne soupirait que pour lItalie . Je pou- 1vais me résoudre à tous ces sacrifices : ilsemblait que lAngleterre dût être satisfaite;mais tant quelle navait pas Anvers , elleregardait la paix comme désavantageusepour elle. Il fallait donc me résigner à per-dre les provinces que javais reçues du Di­ rectoire , à déshonorer mon règne, ou pren-dre la résolution de vaincre ou de mourir.

Caulaincourt, qui me représentait à Cha-