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Tome second.
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CIIAP. XXI. CAMPAGNE DE 1814.

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tillon, reçut pour première ouverture ladéclaration quil me faudrait rentrer dansles limites de 1792. Cela changeait entière-ment la négociation, puisque ses instruc-tions étaient basées sur les propositions deFrancfort . La bataille de Brienne, autantque larrivée du ministre anglais , avait ainsitout renversé. Mon ministre demanda denouvelles instructions. Il demanda aussi desexplications sur le partage quon comptaitfaire de nos dépouilles.

Les nouvelles prétentions quon élevaitme prouvèrent quil ny avait rien à espérerdun congrès qui semblait plus disposé à mejuger quà négocier. Je ne devais plus comp-ter que sur mon épée, et mes affaires pre-naient de jour en jour une plus mauvaisetournure. En Italie , Murat levait enfin lemasque et se déclarait contre moi; ce quiallait placer le vice-roi dans la plus pénibleposition. A la vérité, en Belgique , lecomte Maison avait pris le commandement~clun petit corps de 10 à 12 mille hommes,le corps de Bulow et la division anglaise deGraham avaient fait dinutiles préparatifspour assiéger Anvers ; Carnot y comman-dait, et les moyens dont il disposait me ras-suraient. Cependant les forces alliées sac-cumulaient avec une effrayante rapidité : leduc de Weymar, marchant vers la Belgique avec un nouveau corps de confédérés alle-mands de 26 mille hommes, allait donneraux alliés une telle supériorité dans ces con-trées, quils pourraient en retirer le corpsde Bulow, pour renforcer lannée de Blü-cher. Il ny avait pas un moment à perdrepour frapper des coups vigoureux; lEurope en armes allait peser sur moi de tout sonpoids. Toutefois, comme jattendais deuxdivisions de bonnes troupes de larmée dEs­ pagne et quelques bataillons de gardes na-tionales mobilisées à la hâte, je me déter-minai à gagner du temps. Je communiquai

à mon conseil privé les conditions humi-liantes quon prétendait nous dicter. Tous,à lexception du comte de Cessac (Lacuée ),furent davis de les accepter pour sauver laFrance . Lhistoire de Carthage auraitapprendre à ces conseillers pusillanimesquon ne se sauve pas en shumiliant devantdimplacables vainqueurs. Je donnai à Cau-laincourt carte blanche pour souscrire àtous les sacrifices. Je lui recommandai deséparer la question de la Belgique de cellede la rive gauche du Rhin. En lautorisantà céder dabord la Belgique , il était évidentque si on nous laissait Mayence et Coblentz ,au premier nuage qui sélèverait en Europe ,cette province nous reviendrait en peu dejours. A la rigueur, si lon exigeait ce dou-ble sacrifice, il était autorisé à y souscrire.Il me restait toujours la faculté de ne pasle ratifier ou déluder son exécution; caFjamais je naurais consenti à sauver montrône aux dépens de lhonneur.

Fautes de BUlcher.

En attendant le résultat de cette cruelledémarche, réuni à Mortier, je résolus deprofiter de la nature du pays en arrière deTroyes pour arrêter, du moins quelquesjours, les progrès des alliés ; mais un rap-port que je reçus de Macdonald, ouvrant unnouveau champ à mes espérances, menga-gea à adopter dautres mesures.

Après la bataille de la Rothière, les alliésnavaient quà suivre en masse la route deParis par Troyes pour achever de nousécraser, et arriver, en nous passant sur lecorps, jusquaux portes de la capitale. Cé-tait lopinion de lempereur Alexandre;mais ce parti, dicté par le bon sens, ne pa-rut pas assez savant. Les généraux alliés semirent en tête de manœuvrer : Schwartzen-berg, avec la grande armée, passa lAube etse porta à pas comptés et incertains sur