NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
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Troyes pour agir dans le bassin de la Seine .Blücher fut destiné à opérer dans celui dela Marne par Épernay, Dormans, Château- Thierry et la Ferté-sous-Jouarre ; et la glo-riole de prévenir son collègue à Paris l’en-traîna dans une série de faux mouvements.
Je les défais partiellement en cinq combats.
Ces nouvelles m’étant parvenues le 5 ausoir, je vis tout le parti que je pouvais tirerdes opérations décousues des ennemis, et jeme retirai à Nogent, d’où je devais me trou-ver en mesure de tomber sur le flanc gau-che de Blücher , s’il continuait à marcherseul sur Meaux .
Position des deux armées.
Le 6 , je.quittai Troyes , et le7, je repas-sai la Seine à Nogent. Blücher continuaità s’étendre le long de la Marne , menaçantMeaux . Je vis que le moment était venu detomber sur lui : je laissai 20 mille hommesaux maréchaux Oudinot et Victor pour dé-fendre le cours de la Seine et les routes deTroyes à Paris contre les entreprises de lagrande armée alliée, et avec les 25 mille quime restaient, je marchai, le 9, de Nogent àSézanne ; le 10, je m’avançai sur Champ-Au-bert. Blücher eût la galanterie de secondermes desseins, en éparpillant outre mesureses corps. Sacken, avec 15 mille Russes , avaitdéjà atteint la Ferté-sous-Jouarre 5 York,avec 20 mille Prussiens, était en marche surChâteau-Thierry ; Champ-Aubert était oc-cupé par la division russe d’Olsouzief, fortede 5 mille hommes d’infanterie; enfin, lemaréchal prussien lui-même se trouvait en-core à Fère-Champenoise avec le corps prus-sien de Kleist et le corps russe de Kapze-wicz, qui venaient de rejoindre son armée,et qui formaient un total de 20 mille hommes.Ainsi, cette armée de 60 mille combattantsne présentait à nos coups que des divisions
isolées dont j’étais sûr d’avoir bon marché.
Combat de Champ-Aubert.
Le général Olsouzief fut le premier atta-qué; le combat s’engagea dès neuf heuresdu matin. Les Russes , quoique privés decavalerie, se défendirent pendant toute lajournée avec valeur; mais écrasés par notresupériorité et enveloppés, ils furent entiè-rement détruits. Olsouzief lui-même fut prisavec trois mille hommes et vingt pièces decanon. Quinze cents Russes furent tués.
Cette affaire, déjà importante par elle-même comme premier succès, le devenaitencore davantage par ses suites. En effet,notre établissement à Champ-Aubert cou-pait en deux l’armée de Silésie ; le corps deSacken surtout était fortement compromis.Ne voulant pas lui donner le temps de setirer de la situation où il se trouvait, je prisle parti de marcher d’abord contre lui. Pourcontenir Blücher , j’établis à Étoges le maré-chal Marmont avec 8 à 9 mille hommes, et—avec le reste de mes forces, je me portai le11 de Champ-Aubert à Montmirail .
Sacken est accablé à Montmirail .
J’y arrivai à dix heures du matin. Blücher averti de notre marche par Sézanne, avaitsenti, mais trop tard, la nécessité de se con-centrer ; il avait envoyé l’ordre à Sacken età York de rétrograder sur Montmirail . Cesdeux généraux s’étaient mis en devoir d’exé-cuter cet ordre; mais Sacken avait à peineatteint Vieuxmaisons, qu’il apprit que nousl’avions déjà prévenu à Montmirail . D’unautre côté, York lui faisait dire que, re-tardé par le mauvais état des chemins, soncorps 11e pouvait être rendu devant Mont mirail avant la chute du jour. Dans ces cir-constances, peut-être la prudence conseil-lait-elle au général russe de filer par sagauche pour se replier sur Château-Thierry ,