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Tome second.
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CH AP. XXI. CAMPAGNE DE 1811 .

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les Prussiens avaient gardé un pont surla Marne ; mais Sacken ne crut pas pouvoirse dispenser de suivre à la lettre les ordresde son général en chef, qui lui prescrivaitde venir à Montmirail . Il se détermina à senouvrir le chemin lépée à la main, en nousattaquant dans la position que nous occu-pions en avant de la ville, un peu au-dessusde lembranchement des villes de Château- Thierry et de la Ferté.

York partage sa défaite à Château-Thierry .

Laffaire fut chaude et notre victoire com-plète. La nuit qui survint nous empêcha deprofiter de nos avantages pour achever laruine de lennemi. Cependant il perdit 26 piè-ces de canon, et 4 mille des siens furenttués, blessés ou prisonniers. Le lendemain,renforcés de isoo chevaux, nous le poursui-vîmes jusquà Château-Thierry , il repassala Marne en grand désordre. Larrière-gardedYork, mal déployée à moitié chemin de_rette ville, fut enfoncée par la cavalerie deNansouty et jetée dans la Marne quelle avaità dos. Cette journée coûta encore aux alliésplus de 5 mille hommes.

Le 15 , nous passâmes la Marne à Château- Thierry . Les ennemis avaient continué leurretraite sur la route de Soissons . Mortierse mit à leur poursuite avec un corps de 4à 5 mille hommes, et poussa jusquà Ro-court.

BUlcher est battu à Vauxchamps et à Etages.

Pour achever de battre en détail larméede Silésie , il ne me restait plus quà écraserles corps de Kapzewicz et de Kleist . Blii-clier inen facilita les moyens : le maréchalprussien, qui sétait distingué par ses opéra-tions en Silésie et en Saxe, était aveuglé parla haine et la présomption. Il navait riencompris à ma manœuvre, et était resté lesbras croisés pendant 48 heures à Vertus,

il sétait rendu de Fère-Champenoise dansla matinée du n : le 13 , il se mit en mouve-ment dans la direction de Montmirail . Mar-mont, trop faible pour sengager sérieuse-ment, se replia jusquà Vauxchamps.

Je vis avec plaisir Blùcher courir à saperte. Je laissai Mortier à Rocourt pourobserver les débris de Sacken et dYork.Avec le reste de ma garde et la cavalerie deGrouchy , je partis de Château-Thierry pourMontmirail , jarrivai le 14 à huit heuresdu matin : jy recueillis Marmont, et jordon-nai sur-le-champ de reprendre loffensivecontre lennemi qui sétait avancé jusquàVauxchamps. Nous emportâmes ce village.Blùcher , se voyant attaqué lorsquil croyaitpoursuivre, ordonna la retraite : elle futhonorable, mais désastreuse pour les enne-mis. Leurs colonnes vivement pressées enqueue, et débordées par la cavalerie deGrouchy , éprouvèrent des pertes accablantesdans leur marche rétrograde jusquà Étoges.Cette journée leur coûta encore dix dra-peaux, quinze pièces de canon, et près de8 mille hommes hors de combat ou prison-niers.

Il rallie avec peine son armée.

Blùcher se retira à Châlons , il fut jointpar les corps de Sacken et dYork, quifirent le long détour par Reims . Larméede Silésie se trouvait affaiblie de 20 millehommes; mais un renfort de 10 mille quellereçut à Châlons la porta de nouveau à 45mille combattants. Dun autre côté, larrivéedu corps de Wintzingerode, qui, après sê-tre bien fait tirer loreille, venait enfin desemparer de Soissons par un coup de main,devait le seconder puissamment. Nonob-stant cela, le désordre était si grand danscette armée lorsquelle gagna Châlons , quesi je leusse vivement poussée, je lauraisanéantie. Le danger que courait la capitale