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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
me rappela : j’eus peut-être tort de céderà cette considération ; car à la guerre plusencore qu’à la forge, il faut battre le fertandis qu’il est chaud.
Mouvement des alliés sur Nogent .
Pendant que j’étais ainsi occupé sur laMarne, Paris était menacé du côté de laSeine . Les maréchaux que j’avais laissés surles routes de Troyes à Paris étaient trop fai-bles pour arrêter la grande armée des alliés,si cette dernière avait agi avec vigueur etensemble; mais Schwartzenberg était en-chaîné par les instructions de son cabinetqui lui défendaient de passer la Seine . Monbeau-père affectait quelque ménagementpour son gendre auquel il eût conservé vo-lontiers la monarchie de Louis XYI, moinsla Lorraine et l’Alsace. Toutes les disposi-tions militaires étaient subordonnées authermomètre du congrès de Châtillon.
L’ennemi avait occupé Troyes le 7 : iln’en repartit que le 10, et cela pour s’avan-cer excentriquement sur Nogent , Sens etAuxerre . Les Wurtembergeois emportè-rent Sens le 11. Les généraux Wittgensteinet Wrède furent moins heureux devant No-gent . Le détachement laissé par le maréchalVictor dans cette ville la défendit avec intré-pidité : les généraux ennemis, désespérantde forcer ce poste, résolurent de le tourner.Le 12, Wittgenstein demeura devant Nogent ,et AVrède poussa sur Bray qu’il occupa sanscoup férir, le détachement de gardes natio-nales qui s’y trouvait s’étant enfui sans tirerun coup de fusil. La perte de Bray forçaaussi Bourmont à évacuer Nogent .
Oudinot et Victor essayèrent de s’opposeraux progrès des alliés qui passèrentla Seine ;mais se voyant hors d’état d’y réussir, ils sereplièrent par Nangis sur Guignes derrièrel’Yères , où ils furent renforcés le 15 parquelques détachements venus de l’armée
d’Espagne , et par le corps de Macdonald,rendu disponible par la victoire de Mont-mirail.
Je vole sur la Seine pour dégager Paris .
Cependant Paris était dans les alarmes :on m’expédiait courrier sur courrier pourme presser de revenir à son secours : j’étaisprêt à le faire, puisque l’armée de Silésie ,rejetée sur Châlons , ne me donnait plusd’inquiétude. Je laissai Marmont avec îomille hommes à Étoges pour observer Blii-cher, et Grouchy avec 3 mille chevaux à laFerté-sous-Jouarre pour servir de réserve àMarmont et à Mortier. Avec le reste de magarde, je pars le 15 de Montmirail , et medirige par Meaux sur Guignes. La cavaleriemarchait nuit et jour, et l’infanterie voya-geait en poste. De cette façon, nous fîmesprès de trente lieues en 36 heures, et nousarrivâmes le 16 à Guignes, où je trouvai l’ar-mée des maréchaux, ce qui me forma denouveau une masse de 50 mille combattants».
J’aurais eu moins de chemin à faire pourtomber par Sézanne sur Nogent ou Provins ,en faisant appuyer les maréchaux sur cetteville, afin de gagner le flanc droit de Schwart-zenberg et de culbuter sa ligne sur Monte-reau, au lieu d’aller m’établir sur son front;mais la difficulté était d’assurer la jonctionavec les trois corps établis derrière l’Yères (Victor, Macdonald et Oudinot); et n’ame-nant avec moi que la garde sous les ordresde Ney, il fallait commencer par s’assurerles moyens d’attaquer une armée supérieure,sans compromettre mes troupes dans unmouvement isolé.
Lenteur de Schwartzenberg.
Le prince de Schwartzenberg, instruitdes défaites multipliées de Bliicher, n’avaitpoint cru devoir franchir la Seine avec toutesses forces; il s’était contenté de jeter à la